samedi 31 octobre 2015

Rimbaud. Abracadabrantesque...Ithyphallique... in Le coeur supplicié




Jacques Chirac, le premier, a utilisé le terme abracadabrantesque  en 2000. L’adjectif avait été malicieusement (ou malinement comme Rimbaud l'emploie souvent dans ses poèmes) déniché pour lui par Dominique de Villepin, qui rédigeait alors ses discours ou interventions. Encore aujourd’hui, peu en connaissent l’origine mais beaucoup ont retenu le mot, sans toutefois réussir à le prononcer correctement !

Mais, revenons à l'histoire de ce poème. Petit récapitulatif :




Lettre de Rimbaud à Georges Izambart.
Dans cette lettre, Rimbaud inclut le poème. Pour une meilleure lisibilité, nous donnons le poème après sa lettre alors que dans la réalité, le poème est inséré dans sa missive.

Monsieur Georges Izambart, professeur
27, rue de l'Abbaye-des-champs,
à Douai,
Nord.



Charleville, 13 mai 1871


     Cher Monsieur !


     Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m'avez-vous dit ; vous faites partie des corps enseignants : vous roulez dans la bonne ornière. − Moi aussi, je suis le principe : je me fais cyniquement entretenir ; je déterre d'anciens imbéciles de collège : tout ce que je puis inventer de bête, de sale, de mauvais, en action et en parole, je le leur livre : on me paie en bocks et en filles. − Stat mater dolorosa, dum pendet filius.  − Je me dois à la Société, c'est juste, − et j'ai raison. − Vous aussi, vous avez raison, pour aujourd'hui. Au fond, vous ne voyez en votre principe que poésie subjective : votre obstination à regagner le râtelier universitaire, − pardon! − le prouve ! Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n'a rien fait, n'ayant voulu rien faire. Sans compter que votre poésie subjective sera toujours horriblement fadasse. Un jour, j'espère, − bien d'autres espèrent la même chose, − je verrai dans votre principe la poésie objective, je la verrai plus sincèrement que vous ne le feriez ! − Je serai un travailleur : c'est l'idée qui me retient, quand les colères folles me poussent vers la bataille de Paris − où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais; je suis en grève.
     Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. − Pardon du jeu de mots. −
Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu'ils ignorent tout à fait !
     Vous n'êtes pas Enseignant pour moi. Je vous donne ceci : est-ce de la satire, comme vous diriez ? Est-ce de la poésie ? C'est de la fantaisie, toujours. − Mais, je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni − trop − de la pensée :




"LE CŒUR SUPPLICIE"

Mon triste cœur bave à la poupe…
Ça ne veut pas rien dire. − RÉPONDEZ-MOI : chez M. Deverrière, pour A. R.
          Bonjour de cœur,
Art. Rimbaud


l’entièreté du poème se trouve ci-dessous
Et voici le poème qui est inséré dans la lettre, à l'endroit où nous l'avons signalé. 


Le Cœur supplicié.

Mon triste cœur bave à la poupe ...
Mon cœur est plein de caporal!
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe...
Sous les quolibets de la troupe
Qui lance un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal!

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l'ont dépravé;
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques;
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu'il soit sauvé!
Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l'ont dépravé.

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques!
J'aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé!
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ?

mai 1871







Ernest Pignon-Ernest

" Rimbaud, il fallait que ce soit un marcheur, même arrêté." Ernest Pignon-Ernest 



Note à propos de ce poème :
       Malgré son titre pathétique, ce poème narre une anecdote plutôt grotesque : Rimbaud se trouve sur un bateau et s'est placé à la poupe pour vomir, sous les moqueries de ses compagnons (strophe 1) ; mais on comprend bientôt qu'il est en train de subir une sodomisation de la part d'un groupe de soldats ityphalliques et avinés (strophe 2). Il sent son "cœur" souillé et en appelle aux flots purificateurs de la mer (strophes 3).
    
       La question finale : "comment agir ?" n'est pas facile à interpréter. On peut risquer une lecture biographique de cette phrase à la lumière de la lettre à Izambard (voir ci-dessus) où le poème trouve place. Rimbaud évoque dans cette lettre la vie dépravée et la situation précaire qui sont les siennes à Charleville en ce mois de mai 1871, sans argent, se faisant "entretenir" par des compagnons qu'il méprise (compagnons de bistrot et, peut-on supposer, de beuverie et de débauche) : l'anecdote du poème pourrait fort bien être comprise comme une représentation allégorique de cette situation vécue. Or, la lettre qui contient "Le Cœur supplicié" montre aussi les hésitations de Rimbaud. Il se sent englué dans sa vie médiocre et dégradante, et coupable de s'y complaire alors que tout (ses convictions politiques, l'idée qu'il se fait de la poésie) devrait le porter vers cette :« bataille de Paris, où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! » D'où, sans doute, ce cri de désarroi : "Comment agir, ô cœur volé ?"


    
       Le texte est représentatif de la poésie nouvelle que Rimbaud est en train d'élaborer en ce printemps 1871 : anti-lyrisme, polysémie du vocabulaire, multiplication des niveaux de lecture et des perspectives symboliques. La trivialité forcée du texte apparaît comme un masque, et les efforts faits par l'auteur pour se cacher derrière ce masque renforcent en nous l'intuition de sa détresse. Paradoxalement, ce poème de combat anti-lyrique est un puissant exemple de lyrisme personnel, d'un genre nouveau.



 *   *  *




vendredi 30 octobre 2015

NORGE. Crime et Châtiment








Crime et Châtiment



Il avait pris l'habitude de ne plus répondre
Et quand on l'interrogeait,
Il se donnait simplement l'air d'une poule qui va pondre.
Il avait pris l'habitude de ne plus se défendre
Et quand on l'accusait,
Il se donnait simplement l'air de quelqu'un sous qui la terre va se fendre.
Les choses les plus sérieuses, il semblait vraiment s'en
amuser.
Et allait jusqu'à sourire devant les guichets et dans les musées.
Evidemment, cette façon de faire devait lui attirer des ennuis,
Rien n'est insupportable comme quelqu'un qui sourit jour et nuit.
Evidemment, ce qui devait arriver est arrivé
Et un jour, il s'est éveillé en prison avec les deux pieds rivés.
Evidemment, il n'y avait pas de raison de l'en faire sortir
Puisqu'il n'y avait pas eu de raison de l'y faire entrer.
Voilà ce que c'est, Messieurs-dames, de sourire
Quand les autres ne savent pas pourquoi vous souriez....



NORGE






jeudi 29 octobre 2015

29 octobre. Journée mondiale de l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC)




L’accident vasculaire cérébral (AVC), est une pathologie fréquente, grave et à l’origine de nombreuses situations de handicap. Une prise en charge très précoce peut éviter les complications et en limiter les séquelles






29 octobre : journée mondiale de l'AVC

Longtemps considéré comme une fatalité, l’AVC, souvent appelé « attaque cérébrale » est provoqué par un arrêt brutal de la circulation sanguine à l'intérieur du cerveau, qui entraîne la mort des cellules cérébrales.

L’AVC bénéficie depuis plusieurs années de progrès thérapeutiques, qui engagent à mobiliser le grand public, pour qu’il soit perçu comme une urgence. Il s’agit de reconnaitre les signes d’alerte de l’AVC et de mettre en place au plus vite un traitement spécifique. Plus il est pris en charge tôt, mieux l’AVC peut être traité.

La prévention est également possible en agissant sur certains facteurs de risque comme : l’hypertension artérielle, le tabac, l’obésité abdominale, un taux élevé de cholestérol, le diabète.
Les signes d’alerte de l’AVC
Il se manifeste soudainement par :
- une déformation de la bouche
- une faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe
- des troubles de la parole
Si vous êtes témoin d’un de ces 3 signes, réagissez.

Appelez immédiatement le SAMU, faîtes le 15.


On pourra visionner cette video:


GUENOUN. Le mot du Mardi Matin





©Joël Guenoun



mardi 27 octobre 2015

NORGE. Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle






Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle

Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle,
La florette des minous,
La mignote si joiselle
Qui florissait parmi nous ?


NORGE



Hamilton©




NORGE est un poète belge contemporain, né en 1898 et mort en 1990.



jeudi 22 octobre 2015

Aragon. Le Dernier des Madrigaux





Le dernier des madrigaux


Permettez
Madame
C'est grand liberté
Que je le proclame
Vous atteignez à la beauté
Ce n'est pas peu dire
Ce n'est pas pour rire
C'est même exactement
Pour pleurer






Votre manière agaçante
De manier l'éventail
Vos airs de reine ou de servante
Vos dents d'émail
Vos silences pleins d'aveux
Vos jolis petits cheveux
Ce sont des raisons excellentes
Pour pleurer



Louis ARAGON



(...) Vos silences pleins d'aveux (...)


Photo ©Janusz Miller







mercredi 21 octobre 2015

Golda Meir









Nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos enfants.
Nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer les leurs.
Nous aurons la paix avec les Arabes quand ils aimeront plus leurs enfants qu’ils ne nous haïssent.

mardi 20 octobre 2015

GUENOUN. Le mot du mardi







©Joël GUENOUN

Cyrano. Déplaire est mon plaisir






(…) Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

Le Bret

Tout seul, soit ! mais non pas contre tous ! Comment diable
As-tu donc contracté la manie effroyable
De te faire toujours, partout, des ennemis ?

Cyrano

À force de vous voir vous faire des amis,
Et rire à ces amis dont vous avez des foules,
D'une bouche empruntée au derrière des poules !
J'aime raréfier sur mes pas les saluts,
Et m'écrie avec joie : un ennemi de plus !

Le Bret

Quelle aberration !

Cyrano

Eh bien ! oui, c'est mon vice.
Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse.
Mon cher, si tu savais comme l'on marche mieux
Sous la pistolétade excitante des yeux !
Comme, sur les pourpoints, font d'amusantes tâches
Le fiel des envieux et la bave des lâches !
— Vous, la molle amitié dont vous vous entourez,
Ressemble à ces grands cols d'Italie, ajourés
Et flottants, dans lesquels votre cou s'effémine
On y est plus à l'aise... et de moins haute mine,
Car le front n'ayant pas de maintien ni de loi,
S'abandonne à pencher dans tous les sens. Mais moi,
La Haine, chaque jour, me tuyaute et m'apprête
La fraise dont l'empois force à lever la tête ;
Chaque ennemi de plus est un nouveau godron
Qui m'ajoute une gêne, et m'ajoute un rayon
Car, pareille en tous points à la fraise espagnole,
La Haine est un carcan, mais c'est une auréole !

Edmond ROSTAND
Cyrano de Bergerac
Acte II, scène VIII


vendredi 16 octobre 2015

CHARLES CROS. Le hareng saur






Le Hareng saur est un poème de Charles Cros. Déjà célèbre en son temps, ce poème humoristique composé en 1872 est encore aujourd'hui très connu pour avoir été appris par cœur et récité par des générations d'écoliers.

Le poème a pour origine une histoire que Charles Cros raconta un soir à son fils pour le faire dormir. 

Charles Cros lisait régulièrement ses poèmes en public, aussi bien chez des particuliers que dans des cafés ou des cabarets.
C'est au cours de l'une de ces lectures, que le comédien Coquelin cadet eut la révélation d'un genre nouveau, appelé tout simplement « monologue », qui allait faire fureur dans les années 1880. Et Coquelin cadet rédigea les commentaires sur l’art de le dire.

Ces conseils seront suivis à la lettre par Jean-Marc Tennberg qui fit découvrir par le biais de la télévision ce poème à une nouvelle et vaste audience. C’était dans les années 1960. (Malheureusement, impossible de trouver un enregistrement et encore moins de vidéo de ce poème récité par Jean-Marc Tennberg. Pas même sur le site de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel). On rappellera enfin qu'à l'époque, sur la seule chaîne existante, Jean-Marc Tennberg récitait un poème chaque jour avant le journal télévisé... O tempora...








Voici donc le texte du poème de Charles Cros en rouge, les conseils de récitation de Coquelin cadet en noir, à la suite de chaque vers.

Le Hareng saur

Criez Le Hareng saur  d'une voix forte. Ne bougez pas le corps, soyez d'une immobilité absolue. En disant ce titre, il faut que le public ait le sentiment d'une ligne noire se détachant sur un fond blanc.

Il était un grand mur blanc — nu, nu, nu,

Qu'on sente le mur droit, rigide, et comme il serait ennuyeux et aussi monotone que cela, rompez la monotonie : allongez le son au troisième nu, cela agrandit le mur, et en donne presque la dimension à ceux qui vous écoutent.

Contre le mur une échelle — haute, haute, haute,

Même intention et même intonation que pour la première ligne, et pour donner l'idée d'une échelle bien haute, envoyez en voix de fausset (note absolument imprévue) le dernier mot haute, ceci fera rire et vous serez en règle avec la fantaisie.

Et, par terre, un hareng saur — sec, sec, sec.

Indiquez du doigt la terre, et dites hareng saur sec avec une physionomie pauvre qui appelle l'intérêt sur ce malheureux hareng, la voix sera naturellement très sèche pour dire les trois adjectifs sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains — sales, sales, sales,

Soutenez la voix et qu'on sente le rythme dans les autres strophes comme dans la première. Il c'est le personnage, on ne sait pas qui c'est Il. Qu'on le voie, montrez-le, cet Il qui vous émeut, vous acteur, et peignez le dégoût qu'inspire un homme qui ne se lave jamais les mains en disant sales, sales, sales.

Un marteau lourd, un grand clou — pointu, pointu, pointu,

Baissez une épaule comme si vous portiez un marteau trop lourd pour vous, et montrez le clou, en dirigeant l'index vers les spectateurs et appuyez bien sur pointu, pointu, pointu pour que le clou entre bien dans l'attention générale.


Un peloton de ficelle — gros, gros, gros.

Écartez les mains, éloignez-les des hanches par degré à chaque gros, gros, grosIl est chargé, un marteau lourd, un grand clou pointu, et un énorme peleton, ce n'est pas peu de chose, il faut montrer cette charge sous laquelle ploie le pauvre.

Alors il monte à l'échelle — haute, haute, haute,

Même jeu pour les haute que précédemment, la note aiguë à la fin, cette insistance peut faire rire. Musical.


Et plante le clou pointu — toc, toc, toc,

Gestes d'un homme qui enfonce un clou avec un marteau, faire résonner les toc avec force, sans changer le son.

Tout en haut du grand mur blanc — nu, nu, nu.

Gardez le ton de voix très solide, allongez de nouveau le dernier nu, et faites un geste plat de la main pour montrer l'égalité du mur.

Il laisse aller le marteau — qui tombe, qui tombe, qui tombe,

Baissez le diapason par degré pour donner l'idée d'un marteau qui tombe. Vous regardez le public au premier qui tombe, aussi au second vous envoyez un regard par terre avant le troisième, et un autre regard au public en disant le troisième qui tombe et attendez l'effet qui doit se produire.

Attache au clou la ficelle — longue, longue, longue,

Allongez par degré le son sur longue, et que le dernier longue soit d'une longueur immense, un couac au milieu de l'intonation finale donnera un ragoût très comique au mot.

Et, au bout, le hareng saur — sec, sec, sec.

Appuyez d'un air de plus en plus piteux sur le troisième sec.

L'emporte avec le marteau — lourd, lourd, lourd,

Pliez sous le faix en vous en allant. Vous êtes brisé, vous n'en pouvez plus, ce marteau est très lourd, ne l'oubliez pas.

Et puis, il s'en va ailleurs — loin, loin, loin.

Graduez les loin, au troisième vous pourrez mettre votre main comme un auvent sur vos yeux pour voir Il à une distance considérable, et après l'avoir aperçu là-bas, là-bas, vous direz le dernier loin.

Et, depuis, le hareng saur — sec, sec, sec,

De plus en plus pitoyable.

Au bout de cette ficelle — longue, longue, longue,

Allongez d'un air très mélancolique la voix sur les longue, toujours avec couac ; ne craignez pas, c'est une scie.

Très lentement se balance — toujours, toujours, toujours.

Bien triste. Et geste d'escarpolette à toujours, toujours, toujours. Terminez bien en baissant la voix le troisième toujours, car le récit est fini. La dernière strophe n'est pour l'auditoire qu'un consolant post-scriptum.

J'ai composé cette histoire — simple, simple, simple,

Appuyez sur simple, pour faire dire au public : « Oh ! oui ! simple ! »

Pour mettre en fureur les gens — graves, graves, graves,


Très compassé; qu'on sente les hautes cravates blanches officielles qui n'aiment pas ce genre de plaisanterie. Ouvrez démesurément la bouche au troisième grave, comme un M. Prudhomme très offensé.

Et amuser les enfants — petits, petits, petits.


Très gentiment avec un sourire, baissez graduellement la main à chaque petits pour indiquer la hauteur et l'âge des enfants. Saluez et sortez vite.