jeudi 31 décembre 2015

DINNER FOR ONE. Un sommet de l'humour anglais.



Dinner For One  est une sorte de sketch, particulièrement populaire en Allemagne.


En 1963, un producteur de télévision allemand cherche, presque sans espoir, un sketch pour booster son audimat pour le programme de la saint sylvestre.
A cet effet, il parcourt l'Europe. C'est alors qu'il rencontre, dans un théâtre de variétés de Blackpool, en Angleterre, les deux comédiens en train de jouer Dinner For One. Il achète aussitôt les droits de cette pièce.

Ce sketch est devenu très célèbre en Allemagne dès sa première diffusion. Chaque année, au réveillon du jour de l'an, depuis plus de 50 ans, il est diffusé à la télévision sur quasiment toutes les chaînes du pays, et sur certaines même plusieurs fois. C'est d'ailleurs le moment le plus attendu des Allemands au réveillon. La phrase "The same procedure as every year, James!" est devenue plus que culte en Allemagne. On comprend pourquoi.
Etrangement, cette petite pièce est assez peu connue dans les pays anglo-saxons ! 

L’intrigue :

Une vieille dame anglaise veut fêter son 90e anniversaire avec ses amis de toujours, Sir Toby, l'amiral von Schneider, Mr. Pommeroy et Mr. Winterbottom. Mais ils sont tous morts. Son majordome va donc jouer les rôles de ces personnes-là. En conséquence, il va boire énormément.
À chaque plat et à la fin de la soirée (au moment de se coucher), le majordome lui demande :
The same procedure as last year, Miss Sophie?
- The same procedure as every year, James! lui répond-elle.

Ce que l’on peut traduire par :
- La même chose que l'an dernier, Mlle Sophie ?
- La même chose que chaque année, James !


 

 





mercredi 30 décembre 2015

1963: Has anyone seen my Porsche?







The Porsche 356 boasts one of the more memorable silhouettes of automotive history, but would you recognise one buried under a metre of snow? For the men of the Porsche ski meeting in the winter of 1963, there was only one solution – to dig!


While today the average couch potato can easily pilot a modern sports car, in the 1960s, a certain amount of fitness was required to hustle something like a Porsche 356, especially in treacherous conditions. Accordingly, the international Porsche ski meeting in Lech Zürs am Arlberg was a popular event at the time, and somewhere you could prove your athleticism out on the slopes. However, if you arrived in the hotel car park the following morning to find your Porsche buried deep beneath a blanket of snow, you might have needed to exercise some intellectual fitness as well. Now, which one is yours? 


(Courtoisie Classic Driver Daily- 12.28.2015)




Porsche 356 au printemps 1963

Photos: Porsche Archive

LOVE







©J.J.SEMPE

mardi 29 décembre 2015

28.XII.2015. Une partie des archives du régime de Vichy ouvertes au grand public




Une partie des archives du régime de Vichy ouvertes au grand public



Poignée de main entre le Maréchal Pétain et Adolph Hitler dans la ville de Montoire, le 24 octobre 1940 © Maxppp

Elles étaient jusqu'à présent réservées à quelques privilégiés : les archives de la police et de la justice sous le régime de Vichy et de la "transition" sont désormais déclassifiées et donc ouvertes au grand public. Une déclassification qui devrait notamment permettre d'éclairer la période d'épuration de l'après-guerre, estime l'historienne Annette Wieviorka.

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement a ouvert au public les archives de la police et de la justice sous le régime de Vichy du Maréchal Pétain. L'arrêté a été publié au Journal officiel le 24 décembre et il entrera en vigueur ce mardi.
Quels sont les documents concernés ? "A la fois les archives des juridictions d'exception de Vichy mais aussi des archives de recherche des criminels de guerre nazis. Mais c'est aussi les archives des juridictions d'exception mises sur pied à la Libération :  Cours de justice, Chambres civiques", explique Annette Wieviorka, historienne spécialiste de la Seconde Guerre mondiale.

Que va changer cette déclassification ? 

Que va changer cette déclassification, à l'origine demandée par un collectif d'historiens spécialistes de la Seconde Guerre mondiale ? D'abord elle démocratise l'accès à ces documents, jusque-là chasse gardée de quelques chercheurs, explique Annette Wieviorka car "ces archives n'étaient ouvertes qu'à ceux qui faisaient une demande de dérogation". 
Surtout, ces archives permettront, selon l'historienne de "multiplier les études sur la période qui suit la Seconde Guerre mondiale, pas simplement sur la guerre. Cela va permettre de renouveler toutes les études sur l'épuration et sur la transition entre la période de l'Occupation allemande et du régime de Vichy et le retour à la République.Et de se pencher, entre autres, sur les "peines d'indignité nationale" prononcées par certaines Chambres civiques au lendemain de la guerre. Un sujet qui pourrait faire écho au débat public de ces derniers jours sur la déchéance de la nationalité.  


FLAMANDS ROSSES




FLAMANDS ROSSES










ALERTE INFO (source La libre Belgique -)



Scène navrante de la discrimination ordinaire en Belgique : reconduite à la frontière d’un clandestin français par deux Flamands. Le Français avait pourtant fait un effort d’assimilation.



lundi 28 décembre 2015






LA FONTAINE. Les deux amis







Les deux Amis



Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :
Les amis de ce pays-là
Valent bien dit-on ceux du nôtre.
Une nuit que chacun s'occupait au sommeil,
Et mettait à profit l'absence du Soleil,
Un de nos deux Amis sort du lit en alarme :
Il court chez son intime, éveille les valets :
Morphée avait touché le seuil de ce palais.
L'Ami couché s'étonne, il prend sa bourse, il s'arme ;
Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu
De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme
À mieux user du temps destiné pour le somme :
N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?
En voici. S'il vous est venu quelque querelle,
J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point
De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle
Etait à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ?
- Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point :
Je vous rends grâce de ce zèle.
Vous m'êtes en dormant un peu triste apparu ;
J'ai craint qu'il ne fût vrai, je suis vite accouru.
Ce maudit songe en est la cause.
Qui d'eux aimait le mieux, que t'en semble, Lecteur ?
Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.
Qu'un ami véritable est une douce chose.
Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;
Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir vous-même.
Un songe, un rien, tout lui fait peur
Quand il s'agit de ce qu'il aime. 



Jean de la Fontaine
Livre VIII, fable 11



Le toile d'illustration s'intitule Deux Amis,
Picasso
, 1904

vendredi 25 décembre 2015

CLAUDEL. L’Enfant Jésus de Prague



Un poème de Paul Claudel, de l’Académie française


François Claudel, petit-fils de l’écrivain diplomate Paul Claudel, donne ce poème rédigé par son grand-père, en octobre 1911 et paru dans Le Figaro en mai 1938, extrait de Images saintes en Bohême. Il le lui avait offert pour un Noël, quand il était enfant.


Prague n'est pas seulement la cité de Jan Hus, elle est celle de saint Jean Nepomucène et de saint Wenceslas, celle que couvre de son ombre la cathédrale du Hradschin. Et elle est surtout celle de l'Enfant Jésus, qui la couvre de sa protection.


L’Enfant Jésus de Prague


Il neige.
Le grand monde est mort sans doute. C'est décembre.
Mais qu'il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !
La cheminée emplie de charbons rougeoyants
Colore le plafond d'un reflet somnolent,
Et l'on n'entend que l'eau qui bout à petit bruit.
Là-haut sur l'étagère, au-dessus des deux lits,
Sous son globe de verre, couronne en tête,
L'une des mains tenant le monde, l'autre prête
À couvrir ces petits qui se confient à elle,
Tout aimable dans sa grande robe solennelle
Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,
L'Enfant Jésus de Prague règne et trône.
Il est tout seul devant le foyer qui l'éclaire
Comme l'hostie cachée au fond du sanctuaire,
L'Enfant-Dieu jusqu'au jour garde ses petits frères.
Inentendue comme le souffle qui s'exhale,
L'existence éternelle emplit la chambre, égale
À toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !
Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.
Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :
La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,
Et le mouton sont là, dans ce coin tous les trois.
Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !
Les rideaux sont tirés... Là-bas, on ne sait où,
Dans la neige et la nuit sonne une espèce d'heure.
L'enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur
Qu'il dort et que quelqu'un qui l'aime bien est là,
S'agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,
Essaye de se réveiller et ne peut pas. 





Paul Claudel
Images saintes en Bohême





L'Enfant-Jésus de Prague est une statuette représentant Jésus-Christ enfant située à Prague en République tchèque. Elle est le support d'une dévotion envers l'enfance de Jésus dans le catholicisme.

La statuette mesure environ 48 centimètres de hauteur et est faite de cire. Elle représente l'Enfant-Jésus levant la main droite en signe de bénédiction tandis qu'il soutient le globe terrestre de sa main gauche. La statuette est également coiffée d'une couronne. Le globe et la couronne, symboles royaux, manifestent la toute-puissance de Jésus qui est également le fondateur et le protecteur du Royaume de Dieu. La statuette est revêtue de tenues brodées qui lui sont offertes par des fidèles en signe d'action de grâce, c'est-à-dire pour remercier l'Enfant-Jésus de grâces obtenues.


*   *   *

Prague est également connue et célébrée 

pour son cimetière juif.




Le vieux cimetière juif de Prague se situe dans l'ancien quartier juif de Josefov dans la vieille ville.


Il était en fonction de 1478 à 1786, succédant au cimetière appelé « jardin juif » qui a été découvert au cours de fouilles archéologiques sous la rue Vladislavova dans la Nouvelle Ville.

Le nombre exact de pierres tombales et de morts enterrés est imprécis car il y a parfois plusieurs couches de tombeaux, mais il est estimé à douze mille tombes.


jeudi 17 décembre 2015

TOULET. Alcôve noire




Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
- Et des platanes d’or le long gémissement,
- Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
- Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?



Paul-Jean Toulet
Chansons



Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment (...)


Nu
Photo de Willy Ronis 
©WillyRonis

(...) S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre (...)

Delphin ENJOLRAS
Nu à la lumière du feu de bois

Delphin Enjolras, né le 13 mai 1865 à Coucouron (Ardèche) et mort le 23 décembre 1945 à Toulouse, est un peintre aquarelliste académique français.
Il est connu pour ses scènes de jeunes filles dans l'intimité. Il a étudié l'aquarelle avec Gaston Gérard puis à l'École de Dessin de la Ville de Paris avec Jean-Léon Gérôme et Pascal Dagnan-Bouveret. 


mercredi 16 décembre 2015

TOULET. Les poètes, gens précieux




Les poètes, gens précieux



Les poètes, gens précieux
Et bons à tout, sauf à se taire,
Qui croient, d’un verbe audacieux,
Moissonner l’azur spacieux,
Leur poids les attache à la terre.

Mais les fils de Bellérophon
De la nue écartant les voiles,
On doute à cet éclair que font
Leurs ailes dans le ciel profond,
Si c’est pour cueillir des étoiles.


Paul-Jean Toulet
1867-1920




Dans la mythologie grecque, Bellérophon (en grec ancien Βελλεροφῶν / Bellerophỗn) est le fils de Glaucos (ou de Poséidon, suivant les versions), roi de Corinthe et d'Eurynomé (ou Eurymédé), une mortelle. C'est aussi le petit-fils de Sisyphe. Bellérophon est « le plus grand héros et tueur de monstres, aux côtés de Cadmos et de Persée, avant la venue d’Héraclès ». Son plus grand exploit est d'avoir abattu la Chimère.



 Bellerophon et Pegase, 1888


On retrouve Bellérophon chez La Fontaine dans la fable l'Ours et l'Amateur des Jardins (livre VIII) dont voici le début :

Certain Ours montagnard, Ours à demi léché,
Confiné par le sort dans un bois solitaire,
Nouveau Bellérophon vivait seul et caché :
Il fût devenu fou ; la raison d'ordinaire
N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés :
Il est bon de parler, et meilleur de se taire,
Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.
Nul animal n'avait affaire
Dans les lieux que l'Ours habitait ;
Si bien que tout Ours qu'il était
Il vint à s'ennuyer de cette triste vie.
Pendant qu'il se livrait à la mélancolie,
Non loin de là certain vieillard
S'ennuyait aussi de sa part.
(...)


samedi 12 décembre 2015

NORGE. Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle





Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle



Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle,

La florette des minous,

La mignote si joiselle

Qui florissait parmi nous ?


NORGE



©Hamilton


jeudi 10 décembre 2015

ARAGON. Le dernier des madrigaux




Le dernier des madrigaux


Permettez
Madame
C'est grand liberté
Que je le proclame
Vous atteignez à la beauté
Ce n'est pas peu dire
Ce n'est pas pour rire
C'est même exactement
Pour pleurer






Votre manière agaçante
De manier l'éventail
Vos airs de reine ou de servante
Vos dents d'émail
Vos silences pleins d'aveux
Vos jolis petits cheveux
Ce sont des raisons excellentes
Pour pleurer



Louis ARAGON


Photo ©Janusz Miller




(...)Votre manière agaçante

De manier l'éventail (...)





La Femme à l'éventail
Amedeo Modigliani, 1919


dimanche 6 décembre 2015

HANOUKA, la fête des lumières




La fête de Hanouka commence ce soir 6 décembre.
Pour les juifs, Hanouka est la fête des lumières.
La pratique la plus célèbre liée à cette fête est l'allumage de huit bougies.




Un peu d'explications sur HANOUKA

Pour les juifs, Hanouka est la fête des lumières. La pratique la plus célèbre liée à cette fête est l'allumage de huit bougies, qui a lieu chaque soir de la fête dans chaque foyer, en mémoire de cette fiole d'huile pure, retrouvée prodigieusement après la victoire du peuple juif contre les grecs, et dont l'huile a brûlé miraculeusement pendant huit jours, temps nécessaire pour fabriquer une nouvelle huile. L'allumage de la première bougie a donc lieu ce dimanche soir et ainsi de suite chaque soir, de droite à gauche, jusqu’à la huitième bougie. 


La symbolique des bougies


Première bougie : la Hanoukia
Deuxième bougie : la lumière
Troisième bougie : le miracle
Quatrième bougie : Shabath
Cinquième bougie : l’héroïsme
Sixième bougie : la langue hébraïque
Septième bougie : la solidarité juive
Huitième bougie : la paix


Un peu d'histoire     
Le Talmud rapporte que les grecs avaient souillé intentionnellement et systématiquement l'huile destinée  à l'allumage de la ménorah. Ils ne l'ont ni utilisée, ni détruite. Quelle était donc réellement leur intention ?
Pour comprendre, il faut avant tout saisir la nature du conflit entre les juifs et les grecs. Les grecs ne désiraient pas la destruction physique des peuples conquis, mais voulaient les assimiler à leur culture. Ils n'interdisaient pas la pratique de la Torah, dont ils aimaient la sagesse et la beauté, mais ils la refusaient en tant que révélation divine transcendante. Ce principe était contraire à leur philosophie.
On comprend ainsi que les grecs désiraient que l'huile soit souillée. Ils signifiaient ainsi leur volonté que la lumière de la ménorah, symbole de la lumière de la Torah, ne relève pas d'une pureté spirituelle mais simplement du domaine humain.


Un peu d'humour




Un peu d'histoire en vidéo