jeudi 10 mars 2016

VIAN. 10 mars 1920 -10 mars 2016.




Boris Vian nait un 10 mars. Plutôt que mourir à 39 ans, il fêterait aujourd'hui ses 96 ans. On lui souhaite un heureux anniversaire en évoquant sa passion peu connue pour les belles automobiles.








De la BMW décrépite et de la superbe Panhard des débuts à l'Austin-Healey et à la Morgan de la fin, les voitures tiennent une grande place dans la vie de Boris Vian, tant les siennes que celles qu'il empruntait à ses amis.

En 1947, l'Administration des domaines bazarde les rebuts de l'armée allemande. Dans ces tas de ferrailles, Boris sélectionne une BMW 6 cylindres qu'il achète pour une somme dérisoire; elle lui coûtera très cher en réparations mais va lui permettre de faire la connaissance des Casseurs de Colombes. Il avait le projet d'enregistrer leurs propos dans un roman Les Casseurs de Colombes qui restera à l'état d'ébauche et que Noël Arnaud a réussi à décrypter parce qu'il a participé de très près à cet épisode de la vie de l'écrivain. Boris s'y présente lui-même sous le nom du personnage : Ivan Doublezon (!) et il évoque les casseurs de Colombes comme Le Corps des Casseurs dans lequel le personnage central devait être Thomas, mécanicien de Ménilmontant. Le roman ne sera jamais achevé, il reste des textes datés de 1949 à 1950.






Une BMW 337 restaurée






Une Panhard X77 grand luxe restaurée

C'est aussi avec la BMW qu'il va réussir son premier « coup » de vendeur de voitures d'occasion. Alors que la voiture est prête à rendre l'âme (elle a été accidentée dans le garage de Peiny qui l'a fait entrer en marche arrière), Boris la répare sommairement avec son ami Maurice Gournellenote. Et Peiny, qui ne veut pas se charger d'une transaction douteuse, l'emporte avec une dépanneuse chez un revendeur place Pereire qui la rachète à Vian, mais qui s'aperçoit trop tard que c'est une ruine. C'est le premier exploit de Boris qui a réussi à "rouler" à son tour un vendeur de voitures d'occasion… Plus tard, il achète à Peiny une Panhard X 77 grand luxe qui tombe en panne à Lyon lors du premier essai et que Peiny va lui réparer inlassablement. Peiny, son garage et ses mécanos deviennent alors un lieu de bamboche régulier pour Boris et la « fine équipe de Charlebourg ».


Avec l'Austin-Healey blanche, Boris fait la tournée des casinos. Elle ne marchait pas très bien, mais Boris y tenait et c'est avec regret qu'il achète sur les conseils de Claude Léonnote une Morgan bleue (il n'y avait pas de Morgan blanche) avec laquelle il termine sa carrière. « La Morgan à quatre roues était l'avant-garde, Boris se souvenait des Morgan à trois roues : quand on évitait un trou avec la roue avant, on était sûr d'écoper avec une roue arrière » et elle avait un dispositif technique qui enchantait Boris : il fallait appuyer sur une pédale tous les cent kilomètres pour envoyer un coup de graisse.




Une Austin-Healey série 1 1958 rue des Tuileries, Paris, France


Boris Vian au volant de sa Morgan Plus 4 (avec en arrière-plan une Ford Vedette)

La Brasier est sans doute restée la plus célèbre et la plus souvent citée dans les biographies de Vian. C'est la voiture qui lui a coûté le plus cher et qui lui a donné le plus de peine. C'était une Brasier 1911 qu'il avait achetée pour 40 000 francs à un vieil homme de 80 ans le 6 mai 1950. « Célèbre dans tout Saint-Germain, vedette à Saint-Tropez, la Brasier parcourut des milliers de kilomètres à 45 — km/heure — de moyenne. »




La Brasier 1911


Au volant de la Brasier torpédo




Grâce à un vieux sellier rencontré chez les « Casseurs de Colombes », Boris avait fait refaire entièrement l'intérieur du véhicule qu'il a continué d'entretenir alors qu'il possédait aussi l'Austin-Healey, puis la Morgan. Il l'avait remisée chez Peiny à Colombes et il lui rendait visite régulièrement. Elle fut vendue finalement et laissée en plein air recouverte d'une bâche sous laquelle elle se décomposa à cause des intempéries et des dégradations dues aux garnements du coin.








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