samedi 28 janvier 2017

Baudelaire. Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne











Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



               Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
               Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
               Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
               Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
               Plus ironiquement accumuler les lieues
               Qui séparent mes bras des immensités bleues.
              

               Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts,
               Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux,
               Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
               Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !



Charles BAUDELAIRE
in Les Fleurs du Mal
Spleen et idéal, XXIV


...Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !

               Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !


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