vendredi 5 mai 2017

Mansour. Poèmes, une sélection




Joyce Patricia Adès, plus connue sous son nom de plume Joyce Mansour, est née à Bowden, en Angleterre le 25 juillet 1928, et morte d’un cancer à Paris le 27 août 1986.
Ses parents faisaient partie de cette colonie britannique installée au Caire depuis plusieurs générations qui a su mêler la tradition anglaise avec les saveurs épicées de l’Orient.
Après des études en Angleterre et en Suisse, Joyce retourne en Égypte où elle se fait connaître comme sportive de haut niveau.
Son premier mariage en 1947 ne dure que six mois, après la mort de son époux victime d’une maladie incurable.
Elle se remarie en 1949 avec Samir Mansour, issu de la colonie française du Caire.
Le couple s’établit à Paris en 1954, où vont naître leurs deux fils, et très vite Joyce Mansour fait la connaissance de Breton et se plonge dans les activités du groupe surréaliste, bien décimé dans ses dernières années par les exclusions édictées par André Breton.
D’une étrange beauté exotique, elle en joue et fait preuve, dans sa vie et son œuvre d’une liberté de ton incandescente et furieuse, célébrant les splendeurs de la chair sans en gommer les sueurs, le sang, le sperme et les miasmes qui l’accompagnent. Féministe en avance sur son temps, elle aura marqué de son audace les derniers soubresauts du surréalisme.




Ne mangez pas...
Ne mangez pas les enfants des autres
Car leur chair pourrirait dans vos bouches bien garnies
Ne mangez pas les fleurs rouges de l'été
Car leur sève est le sang des enfants crucifiés
Ne mangez pas le pain noir des pauvres
Car il est fécondé par leurs larmes acides
Et prendrait racine dans vos corps allongés
Ne mangez pas afin que vos corps se flétrissent et meurent
Créant sur la terre en deuil
L'automne
In La poésie surréaliste, Cris © Seghers 1970 p 220

****

Les machinations aveugles…
Les machinations aveugles de tes mains
Sur mes seins frissonnants
Les mouvements lents de ta langue paralysée
Dans mes oreilles pathétiques
Toute ma beauté noyée dans tes yeux sans prunelles
La mort dans ton ventre qui mange ma cervelle
Tout ceci fait de moi une étrange demoiselle
Ibid p 220


****


L’amazone...
L'amazone mangeait son dernier sein
La nuit avant la bataille finale
Son cheval chauve respirait le frais de la mer
En piaffant en rageant en hennissant sa peur
Car les dieux descendaient des monts de la science
Apportant avec eux les hommes
Et les tanks
Ibid p 221





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci d'utiliser cet espace pour publier vos appréciations.