mercredi 24 janvier 2018

Charles Cros. A grand-papa





A grand-papa

Il faut écouter, amis,
La parole des ancêtres.
- Ne soyons jamais soumis !
Mais, d'où viennent tous les êtres ?

Donc pour cela, puis-je oser,
A travers l'imaginaire,
Vous envoyer un baiser
De tout mon coeur, mon grand-père ?

Vous faisiez des vers très doux
D'après le doux Théocrite,
" L'Oarystis !(*) " C'est de vous
Qu'en faisant ces vers, j'hérite



Charles Cros
in Le Collier de griffes
Posthume, 1908






(*) Oarystis : Rare et littéraire:  Idylle, entretien tendre. 

On trouve ce superbe mot chez Cros bien sûr, chez Nerval, chez Rimbaud, chez Chénier etc. :

Ah! les oaristys! les premières maîtresses! /L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs, /Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et chers, /La spontanéité craintive des caresses!
(Verlaine, in Poèmes saturniens, 1866).

Notre vie commune commençait de si bien s'arranger (...). Quand, par la suite, je racontai notre oaristys à Albert, je fus naïvement surpris de le voir, lui que je croyais d'esprit très libre, s'indigner d'un partage qui nous paraissait, à Paul et à moi, naturel.
(Gide, in Si le grain ne meurt, 1924).







1 commentaire:

  1. OARYSTIS
    J'en adore la profération du son, la graphie et, vais bondir illico sur mon dico étymol.

    RépondreSupprimer

Merci d'utiliser cet espace pour publier vos appréciations.