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lundi 29 novembre 2021

Baudelaire. Les chats



 







Les chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.



Charles Baudelaire
In Les fleurs du mal


"Le chat est à nos côtés le souvenir chaud, poilu, moustachu et ronronnant d'un paradis perdu"
Léonor Fini

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Le couronnement de la bienheureuse Féline, 1975






 Les Mutantes, 1971











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Psychée, 1971

[Psyché était si belle que tous ses admirateurs la vénéraient comme une divinité. Aphrodite, jalouse, la plongea dans le sommeil. Eros séduit par sa beauté, tomba amoureux d'elle et la réveilla de son baiser. Eros et Psyché eurent une fille nommée Volupté. Ici, Psychée est un chat.]









dimanche 4 août 2019

Charles Cros. A grand-papa






Léonor FINI
Leçon d'oaristys



A grand-papa

Il faut écouter, amis,
La parole des ancêtres.
- Ne soyons jamais soumis !
Mais, d'où viennent tous les êtres ?

Donc pour cela, puis-je oser,
A travers l'imaginaire,
Vous envoyer un baiser
De tout mon coeur, mon grand-père ?

Vous faisiez des vers très doux
D'après le doux Théocrite,
 L'Oarystis ! C'est de vous
Qu'en faisant ces vers, j'hérite



Charles Cros
in Le Collier de griffes
Posthume, 1908






 Oarystis : Idylle, entretien tendre. 

On trouve ce superbe mot chez Cros bien sûr, chez Nerval, chez Rimbaud, chez Chénier etc. :

Ah! les oaristys! les premières maîtresses! 
L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs, 
Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et chers, 
La spontanéité craintive des caresses
(Verlaine, in Poèmes saturniens, 1866).
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Notre vie commune commençait de si bien s'arranger (...). Quand, par la suite, je racontai notre oaristys à Albert, je fus naïvement surpris de le voir, lui que je croyais d'esprit très libre, s'indigner d'un partage qui nous paraissait, à Paul et à moi, naturel.
(Gide, in Si le grain ne meurt, 1924).