Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur D'aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre ; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l'ambre, Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale, Tout y parlerait À l'âme en secret Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l'humeur est vagabonde ; C'est pour assouvir Ton moindre désir Qu'ils viennent du bout du monde. - Les soleils couchants Revêtent les champs, Les canaux, la ville entière, D'hyacinthe et d'or ; Le monde s'endort Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.
Le Cid Le palais de Gormaz, comte et gobernador, Est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre L'hidalgo dont le sang a rougi la rapière de Rodrigue appelé le Cid Campeador. Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre Chimène, en voiles noirs, s’accoude au mirador Et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière Regardent, sans rien voir, mourir le soleil d’or.. Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle : Sur la plaza Rodrigue est debout devant elle ! Impassible et hautain, drapé dans sa capa, Le héros meurtrier à pas lents se promène : " Dieu ! " soupire à part soi la plaintive Chimène, " Qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! " Georges Fourest in La négresse blonde
" Dieu ! " soupire à part soi la plaintive Chimène,
" Qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! "
_________ Georges Fourest est un écrivain et poète français né à Limoges le 6 avril 1867 ou en 1864 (selon les sources) et mort à Paris le 25 janvier 1945. Il suit des études de droit à la faculté de Toulouse, puis de Paris, mais n'exerce pas son métier d'avocat. Fréquentant les cercles symbolistes et décadents, il collabore à plusieurs revues. Il se targue de pouvoir « incague[r] la pudeur » et « convomi[r] le bon goût »
Il est l'auteur de deux recueils de poèmes, nourris des œuvres de grands auteurs (Corneille, Racine, Hugo), parodiés de manière burlesque, voire gaillarde. Il se place ainsi dans la lignée de Rabelais et des poètes du début du XVIIe siècle (d'Assoucy, Saint-Amant, etc.)
Parce que c'est l'été, voici un sujet -peu poétique- de... délassement.
Ce petit mammifère alpin vit en clans dirigés par un unique couple reproducteur, et la compétition est féroce. «Pas plus tard qu’aujourd’hui, nous avons assisté à deux meurtres.» Aurélie Cohas, écologiste du comportement au Laboratoire de biométrie et biologie évolutive de l’université Claude-Bernard Lyon-I, n’y va pas par quatre chemins: la marmotte n’est pas aussi charmante qu’elle en a l’air. Disons-le tout de suite, c’est un animal franchement violent, à des années-lumière de l’image de la petite peluche montagnarde à laquelle elle est souvent associée.
Cela fait maintenant trois ans que la chercheuse, en partenariat avec l’Université autonome de Barcelone, dirige ce projet et scrute 90 groupes familiaux de marmottes alpines (Marmotta marmotta) répartis dans trois zones entre le col du Lautaret (2 058 m) et le col du Galibier (2 645 m). C’est la seule campagne d’observation des marmottes en Europe actuellement. «Nous les capturons à l’aide de pièges, puis nous les marquons avec des puces pour pouvoir les identifier», détaille Aurélie Cohas lors d’une conférence de presse improvisée dans les bâtiments du Jardin du Lautaret, en lieu et place de la visite de terrain annulée pour cause d’orage. «Notre objectif, c’est de mesurer leur évolution démographique.»
Ce suivi est très coûteux en ressources humaines. Une dizaine de stagiaires sont mobilisés pendant les campagnes d’observation. Les infrastructures du Jardin du Lautaret, une des antennes de la station alpine Joseph-Fourier (unité mixte de recherche CNRS/université Grenoble Alpes) servent de camp de base. Certains reviennent choqués en découvrant de leurs propres yeux les mœurs violentes de leur objet d’étude. Avec ses incisives tranchantes et sa mâchoire surpuissante, la marmotte n’est pas simplement un paisible herbivore, c’est aussi une machine à tuer. «Elles peuvent briser la nuque de leurs congénères d’un simple coup de dents», rappelle la chercheuse. Le parterre de journalistes, invités par le département des Hautes-Alpes à découvrir les recherches scientifiques menées sur le territoire, est stupéfié. Les habitants de la région qui encadrent ce voyage de presse ne sont pas moins sous le choc que les citadins de ce groupe hétéroclite. Cette gentille petite boule de poils? Une tueuse sanguinaire? Vous n’êtes pas sérieux? «Ah je vous assure, ce sont des animaux assez impitoyables», poursuit Aurélie Cohas. «Nous avons déjà vu des marmottes lapider leurs congénères ou se faire enterrer vivantes.» Ah, tout de même. Mais pourquoi tant de violence? «Avec le réchauffement, la couche neigeuse disparaît plus tôt. Paradoxalement, cela veut dire qu’il peut faire plus froid dans les terriers car la neige est un bon isolant»
«Les marmottes vivent en groupes familiaux. Et au sein de chaque clan, seul le couple dominant peut se reproduire», détaille la chercheuse. Ce qui explique la zizanie. Si les autres individus veulent procréer, ils n’ont que deux options: devenir calife à la place du calife ou partir tenter leur chance chez le voisin. En effet, les terriers sont rares (certains sont plus que centenaires) et construire un nouveau réseau de galeries ex nihilo demande beaucoup trop d’efforts. Le plus simple reste donc de déloger un dominant, puis d’exterminer tous les individus du même sexe avant de s’accoupler avec le veuf ou la veuve. Les jeunes mâles partent souvent en fratrie pour optimiser leurs chances de victoire. En cas de succès, une bataille acharnée entre frères s’ensuivra. Il ne pourra en rester qu’un, et le fratricide n’est pas exclu. «Nous avons l’impression que cela ne va pas aller en s’arrangeant», souligne Aurélie Cohas. «Avec le réchauffement, la couche neigeuse disparaît plus tôt. Paradoxalement, cela veut dire qu’il peut faire plus froid dans les terriers car la neige est un bon isolant.» Les subordonnés préfèrent donc s’en aller: cela leur coûte trop d’énergie de réchauffer régulièrement les petits pour les aider à sortir de leur phase d’hibernation. Quitte à dépenser toute leur énergie et à mettre leur vie en danger, certains préfèrent tenter leur chance ailleurs. Cette fragmentation progressive des familles risque d’augmenter les conflits territoriaux. Cela pourrait aussi avoir une incidence sur l’évolution des effectifs. «Une marmotte alpine ne peut pas hiberner seule, prévient Aurélie Cohas. Lorsque des jeunes quittent le terrier familial, ils doivent impérativement avoir réussi à fonder un clan avant l’hiver. Sinon, c’est la mort assurée.» On pourrait se consoler en se disant qu’à défaut d’être gentilles, les marmottes sont au moins fidèles en amour. Las, ce n’est pas vraiment le cas.
Rappelons que l’hibernation n’est pas de tout repos. Une marmotte ne dort pas du tout quand elle hiberne. Son métabolisme est certes très ralenti et sa température corporelle très basse (jusqu’à 4 °C), mais son activité cérébrale n’est pas celle d’un sommeil réparateur. Or le sommeil est indispensable, car il permet au cerveau de se réorganiser et d’évacuer les toxines qui s’y accumulent. Il est donc impératif pour les marmottes en hibernation de sortir régulièrement de leur état cataleptique… pour dormir un peu! On pourrait se consoler en se disant qu’à défaut d’être gentilles, les marmottes sont au moins fidèles en amour. Las, ce n’est pas vraiment le cas. Lorsque les ressources sont très abondantes, un mâle peut choisir de s’accoupler avec une deuxième femelle. «Ce n’est pas très courant, mais cela arrive», confirme la chercheuse. Et les femelles ne sont pas en reste. «Il n’est pas si rare qu’une marmotte dominante aille discrètement voir ailleurs», sourit Aurélie Cohas. Elle se laisse alors courtiser par les mâles «en dispersion»: pas assez forts pour avoir établi leur propre clan, mais suffisamment courageux pour avoir quitté le nid. À défaut de survivre à l’hiver, elles auront au moins pu transmettre leur patrimoine génétique. Chez les marmottes aussi, la fortune sourit aux audacieux. Pcc. Tristan Vey
C’était hier le vendredi qui suit Thanksgiving aux États-Unis et annonce le début des achats de fin d’année. Il est appelé Black Friday, ce que les Québécois traduisent malinement par «Vendredi noir», ou «fou».
Le mot vient de Veneris deis, le jour de Venus. À voir la frénésie qui s’empare des marques, on craint que la consommation ne soit effectivement devenue un mal vénérien. Mercredi, c’est-à-dire Mercuris dies, le jour de Mercure, dieu du commerce, eût été plus indiqué, que celui de la déesse de l’amour.
Vendredi fait vendre? C’est peut-être ce qu’ont pensé les promoteurs de cette journée. Ils ont en tout cas de l’énergie à revendre, à voir celle qu’ils mettent à vendre leur vendredi. On connaissait la quinzaine du blanc, voici le vendredi noir.
Depuis deux mille ans, vendredi était plutôt un jour maigre, voire saint.Il est devenu malsain à bien des égards…Car c’est connu: l’achat est triste hélas et j'ai lu tous les et il y a fort à parier que tel qui rit vendredi dimanche revendra.
Géraldine Mosna-Savoye est la productrice de l'émission le "Journal de la philo", qui revient chaque jour [à 10h50 sur France culture] sur l'actualité de la philosophie sous toutes ses formes, dans "Les Chemins de la philosophie".
À la recherche du vieux con
" Vous trouverez peut-être que ma question n’a rien de philosophique, et pourtant : la connerie n’est pas sans lien avec l’intelligence ou avec la bêtise. Deux ouvrages en témoignent : Que faire des cons ? de Maxime Rovère, et une Psychologie de la connerie. Mais être con n’est pas forcément être vieux, et inversement : être vieux n’est pas forcément être con. Ma recherche est donc plus spécifique. Et elle m'a été soufflée par une actualité Une quête perdue ? Dans cette actualité, il est question de Greta Thunberg, ado de 16 ans tant détestée par un "paquet de vieux cons", selon Yann Arthus-Bertrand… Cette mention de "vieux con" dans la bouche du photographe-écolo qui aime les îles en forme de cœur a de quoi faire rire, il s’est d’ailleurs vu répondre que « quand on a explosé son bilan carbone en prenant des photos en hélico, on se demande qui est le vieux con dans l’histoire ». D’où mon interrogation : qui est donc le vieux con ? Le vrai vieux con ? Je sais bien qu’il s’agit d’une expression courante, mais, je n’ai pas trouvé de définition précise, comme si l’intuition suffisait à la comprendre. Même en me tournant vers le grand linguiste Alain Rey, pas de traces, dans son Dictionnaire historique, de "vieux con", ni à "con" ni à "vieux". Suis-je donc comme Saint-Augustin avec le temps : à savoir ce qu’est un vieux con mais sans parvenir à le définir ? En tout cas, il ne semble pas y avoir de définition stable du "vieux con", il est toujours celui de quelqu’un d’autre et en désaccord avec lui. Mais est-ce suffisant ? Le vieux con est-il vieux ?
Un vieux con a-t-il forcément été un "jeune con" ? C’est ce qu’on se demande en écoutant Jean d’Ormesson. Comme on l’a vu : le vieux con, c’est toujours l’autre auquel on s’oppose… mais cet autre, est-il forcément vieux ? C’est vrai qu’en y pensant, je dois reconnaître que les vieux cons que j’ai pu rencontrer étaient plus âgés que moi. Autre caractéristique : ils étaient tous des hommes. Eh oui, on dit rarement d’une femme qu’elle est un vieux con. Mais alors : est-ce seulement une question d’âge et de sexe ? Car, il faut le dire, si Yann Arthus-Bertrand ou Jean d’Ormesson sont des mâles d’un certain âge, et donc potentiellement des vieux cons, les mâles d’un certain âge ne sont pas tous des "vieux cons". C’est alors qu’une incise d’Alain Rey m’a révélé quelque chose : au XVème siècle, l’adjectif "vieux" commence à être utilisé pour renforcer un terme déjà péjoratif, exemple : vieux salaud, vieille vache, et j’ajoute donc : "vieux con". Doit-on alors dire que le vieux con est un con de base qui parvient à s’augmenter lui-même dans sa connerie, sexe et âge aidants ? Le vieux con retrouvé Age, sexe, altérité, opposition… Je vois le vieux con se dessiner, mais je ne suis pas convaincue. C’est trop facile de miser sur un concours de circonstances, de penser qu’il n’y a rien d’universel chez le vieux con… C’est qu’il ne faut pas se tromper : le vieux con n’est pas forcément lié à des traits physiques ou sociaux précis, telle cause entraînant tel effet… Non, j’ose le dire : le vieux con a quelque chose d’inaltérable, de reconnaissable entre tous, d’essentiel, et je crois que tout est là : le vieux con parle beaucoup. Il pontifie, il argue, il affirme, il a un avis, mais jamais le bon. Et pas parce qu’il n’est pas le même que le mien, mais parce qu’il est le même que tout le monde, tout en pensant qu’il est plus pertinent que les autres. Vous le voyez le vieux con, là ? Croyez-moi, parole de petite conne. " Chronique du 2/10/19 Géraldine Mosna-Savoye Lien vers ses chroniques précédentes : clic-clic
Julien Berjeaut, dit Jul, né en 1974 à Maisons-Alfort, est un dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français.
En 2001, il a été lauréat d'une bourse de la Fondation de France, pour un projet alliant dessin de presse et sinologie.
Il collabore au Point et à Lire, à L'Humanité et assure deux pages de bande-dessinée mensuelles dans Philosophie Magazine. Il a collaboré entre autres aux magazines L'Écho des savanes et Fluide glacial, à Charlie Hebdo puis au Nouvel Observateur, à Marianne, etc. Il a contribué également à divers quotidiens tels Les Échos, La Dépêche du Midi, Libération, Le Monde...
Sa série de bande dessinée Silex and the City, publiée chez Dargaud, a été adaptée en série d'animation, diffusée depuis septembre 2012 à 20h45 sur Arte. Avec 1,3 millions de spectateurs, c'est la meilleure audience d'animation en 2013, toutes chaînes confondues.
Mettons une chose au point tout de suite: les auteurs de cet article ne peuvent être soupçonnés de ne pas aimer les chats. Et cela pour une simple et bonne raison: ils les adorent. L'un des deux en possède même un (à moins que ce ne soit le chat qui le possède) et ne cesse d'en vanter les qualités. Et ce quand bien même il arrive fréquemment au bureau couvert de griffures (véridique). Cet amour inconditionnel des chats, qui nous accompagnent depuis 9000 ans, peut paraître bien étrange. Car lorsqu'on y regarde d'un peu plus près, nous aurions objectivement toutes les raisons du monde de les détester. Ou de s'en méfier comme de la peste. En voici six. Presque sans mauvaise foi.
1) Si vous l'aimez, votre chat, lui, ne vous aime pas.
S'il ronronne à vos côtés et vous réchauffe de son doux pelage pendant les longues nuits d'hiver, ne vous y trompez pas. N'y voyez aucune marque d'amour, car votre chat ne vous aime pas. Le chat s'est rapproché de l'homme par intérêt. Un moyen pour lui de se procurer de la nourriture sans effort. Et s'il tolère votre présence, c'est bien parce qu'il y trouve un intérêt matériel. Plusieurs expériences ont en effet montré qu'en dehors de ce lien, rien ne vous unissait à votre précieux animal.
Un scientifique britannique a par exemple mesuré en 2016 le taux d'ocytocine libéré dans leur salive après avoir été au contact de leurs maîtres, dans le cadre d'un documentaire diffusé par la BBC. Surnommée «hormone de l'amour», cette molécule est connue chez les êtres humains pour jouer un rôle dans la confiance, l'empathie, la générosité (et la sexualité). Or si la concentration en ocytocine augmentait de 57% dans la salive des chiens après avoir joué avec leurs maîtres, elle ne grimpait fébrilement que de 12% chez les chats. Alors oui, rassurez-vous, ils étaient sans doute très contents de jouer. Mais que ce soit avec vous, le voisin, le facteur ou même le boucher, cela ne change rien pour lui.
Toujours pas convaincu? Dans le reportage Chat sous surveillance diffusé en mai sur France 5, une équipe de chercheurs présentait une expérience tout aussi instructive. Si un propriétaire de chat se tient en compagnie d'un autre humain dans une pièce inconnue en restant parfaitement neutre, son animal de compagnie ne montrera aucun attachement particulier en entrant dans la pièce. Il ne cherche pas à être rassuré par son maître dans ce nouvel environnement, comme le font les enfants ou les chiens. Tout se passe comme si vous n'étiez rien de plus qu'un distributeur de croquettes à ses yeux. En équipant des chats de capteurs GPS, des scientifiques ont d'ailleurs pu constater qu‘ils n'hésitaient pas à multiplier les foyers pour augmenter le nombre de repas, voire à changer de maître en fonction de la qualité de l'assiette.
Pour finir sur une touche quelque peu morbide, si vous mourrez tout seul chez vous, votre chat n'attendra pas plus de 24 à 48h avant de commencer à vous manger. S'il ne trouve rien de meilleur à son goût bien sûr.
2) Votre chat vous manipule.
S'il n'aime que lui, le chat n'en reste pas moins un animal social. Près de 10.000 ans de cohabitation avec l'homme l'ont amené à développer des techniques de communication pour se faire comprendre. Des études de 2004, menées par Nicholas Nicastro de l'université de psychologie de Cornell (New York), montrent que le miaulement est réservé aux humains. Entre eux les chats ne miaulent pas, ou très peu. Ces miaulements diffèrent en fonction de ses émotions ou bien de ce qu'il veut. Selon le contexte, le chat peut émettre une dizaine de miaulements différents.
Mais cela va encore plus loin. Toxoplasma gondii vous connaissez? C'est pourtant le meilleur allié du chat. Ces bactéries sont responsables de la toxoplasmose. En 2013, une étude publiée dans la revue Plos one montre que les souris infectées par ce parasite deviennent beaucoup moins craintives envers ces terribles félins. Elles sont même attirées par leur urine! Elles n'en deviennent donc que plus faciles à chasser. Une technique de survie pour le parasite qui ne peut se reproduire que dans le tube digestif des chats. En février 2016, une autre étude a montré que cette manipulation parasitaire affecte également les chimpanzés, qui acquièrent suite à l'infection une attirance à l'égard de l'urine du léopard.
Un petit détail: un tiers de la population mondiale est infecté par Toxoplasma gondii , et de 50 à 70% de la population en Europe de l'ouest. Comme une souris de laboratoire vous êtes sans doute tombé dans le piège. Si vous aimez votre chat, c'est peut-être bien malgré vous...
3) Votre chat est un authentique psychopathe
Vous êtes tranquillement assis dans votre canapé à lire le journal. Le chat a déjà mangé, il dort sur le lit. La maison est calme et rien ne semble en mesure de déranger cette quiétude. Le chat se lève, se rapproche de vous. Il marque une pause, vous regarde quelques secondes et d'un seul coup il vous attaque! Aucune raison évidente à cet accès de violence, vous ne lui avez rien fait! Pourtant il s'est quand même jeté sur vous. Ne cherchez pas, vous n'y êtes pour rien. Votre chat est juste un psychopathe. La seule chose qui le retient de vous dévorer sur place, c'est sa taille.
C'est cet infime détail qu'il l'a d'ailleurs poussé à choisir d'être nourri par l'homme, plutôt que de se nourrir de l'homme. En 2015, des chercheurs de l'Université d'Edimbourg montraient que les chats partageaient une grande partie de leurs traits de caractère avec les lions en captivité. Comme les lions, les chats craignent les gens et se montrent généralement très suspicieux. Tous deux aiment dominer, sont impulsifs, anxieux et colériques. Ce sont en fait de petits prédateurs agressifs. Sans doute un moyen de compenser leur manque de confiance en eux.
Et si après vous avoir sauvagement mordu les mollets il vous ramène une souris morte, ce n'est pas pour se faire pardonner ou vous faire un cadeau désintéressé. Il vous montre ce dont il est capable, tout en sachant que jamais vous ne feriez aussi bien.
S'il sait vous parler, ça ne veut pas dire pour autant qu'il apprécie l'idée d'entamer une discussion. En 2013, une étude de l'université de Tokyo a montré qu'il comprenait parfaitement quand on l'appelait par son nom. Et qui plus est, il reconnaissait même la voix de son maître. Mais quand d'autres animaux (le chien pour ne pas le citer) manifestent des signes de joie et de reconnaissance à leur appel, le chat daigne à peine bouger une oreille. Refusant catégoriquement de se déplacer. Par contre si en même temps que vous criez son nom vous ouvrez son repas du soir, il y a de forte chance qu'il rapplique rapidement. Libre à vous de penser qu'il manifeste ainsi un signe de reconnaissance autre que celle du ventre.
5) Votre chat est un tueur-né et un danger pour la biodiversité
Les chats sont des machines à tuer et une menace pour la biodiversité. Chaque année, ils sont responsables en France de la mort de 75 millions d'oiseaux et probablement de millions de chauves-souris. Ce chiffre est colossal. Cela représente plus de 200.000 volatiles PAR JOUR. Aux États-Unis, ce sont plusieurs MILLIARDS d'oiseaux qui meurent chaque année sous leurs griffes acérées.
Et ce ne sont pas les seules victimes de leur instinct meurtrier. En Australie, les chats tuent environ un demi-milliard de reptiles chaque année. Quant aux petits mammifères, les scientifiques ont estimé il y a quelques années qu'il en mourrait entre 6,9 et 20,7 milliards chaque année sur le seul territoire américain. Pour limiter le carnage, les propriétaires sont invités à équiper leur animal de compagnie d'un collier coloré et/ou équipé d'une clochette.
Seul petit bémol, certaines études laissent penser qu'une minorité de chats est responsable de ces hécatombes. La plupart sont fort heureusement trop feignants pour se donner la peine de lever leur grasse carcasse afin d'assouvir leurs pulsions destructrices. Ils préfèrent alors les assouvir sur le canapé ou sur votre nouveau pull en cashmere.
6) Votre chat se lèche probablement les poils pour tenter de vous rendre malade
Selon les résultats de l'enquête européenne de santé respiratoire (rapportés en 2014 par l'ANSES), une personne sur dix environ serait, au moins faiblement, allergique aux chats en France. Ce qui en fait la 3e source d'allergie après les acariens et le pollen de graminées. Or ce ne sont pas les poils de chats en eux-mêmes qui provoquent l'allergie mais une protéine contenue dans leur salive (et leur urine). Les poils sont juste le vecteur privilégié de cette salive pour pénétrer dans notre système respiratoire. Vous ne regarderez plus les chats faire leur toilette de la même manière dorénavant: ces petits saligauds ne se lèchent pas pour se nettoyer mais pour nous rendre malades. Bon, ce n'est probablement pas vrai mais allez savoir avec des êtres aussi pervers...