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dimanche 7 mars 2021

Adonis. La Perle

 



La Perle  


Comment marcher vers moi-même,

    vers mon peuple

Avec mon sang en feu et mon histoire en ruines


Soutenez-moi

J'ai dans ma poitrine un incendie, des fifres

    montagnes, vignes, distances

    corps rampants des âges

    étoiles

Miroirs sont les chroniques

Miroirs brisés les civilisations


Non, laissez-moi – j'entends des voix

    chanter dans mes cendres

Je les vois cheminer

    comme les enfants de mon pays 



Adonis

extrait du poème "La Perle

In Mémoire du vent.


samedi 21 novembre 2020

Adonis. De la parole

 


De la parole


Cet enfant que je fus s'en vint à moi
Une fois, 
Inconnu son visage. 

Il ne dit mot, nous cheminâmes
Chacun fixant l'autre en silence, nos pas
Rivière s'en allant, inconnue. 

Des racines nous ont réunis, au nom de ces feuilles qui voyagent dans le vent
Nous nous sommes séparés,
Forêt écrite par la terre, contée par les saisons. 

Toi l'enfant que je fus, approche :
Quoi, désormais, pour nous unir, et que nous dire ? 
 



 Adonis

 De la parole

 In Mémoires du vent.





mercredi 7 mars 2018

Adonis. Dialogue






Adonis est le pseudonyme d'Ali Ahmed Saïd Esber, poète et critique littéraire syrien d'expression arabe et française né le 1er janvier 1930. Son pseudonyme se réfère au dieu d'origine phénicienne, symbole du renouveau cyclique. 

Adonis se consacre plus principalement à ses activités littéraires qu'à ses activités politiques. En 1968, il fonde la revue Mawâkif (« Positions ») – aussitôt interdite dans le monde arabe – qui s'avère un espace de liberté en même temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante » de la poésie. C'est là qu'il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en français Aboul Ala El-Maari. Adonis cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine en s'appuyant sur son passé glorieux mais aussi en regardant la richesse de la poésie occidentale. À la suite de la guerre civile libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris à partir de 1985. Il est le représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands poètes arabes vivants. Son œuvre révèle plusieurs thèmes : injustice, dictature, guerre, misère... Il se saisit des évènements contemporains pour en faire des mythes, sans pourtant devenir un « poète engagé ».



Dialogue





« Où étais-tu ?
Quelle lumière pleure sous tes cils ?
Où étais-tu ?
Montre-moi, qu’as-tu écrit ? »
Je n’ai pas répondu. Je n’avais plus de mots
Ne trouvant pas d’étoile sous le brouillard de l’encre
J’avais déchiré mes feuilles
Quelle lumière pleure sous tes cils ?
Où étais-tu ?
Je n’ai pas répondu
La nuit était hutte bédouine
les lanternes étaient tribu
et moi soleil émacié
sous lequel la terre changeait ses collines
et le vagabond croisait la longue route