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jeudi 11 novembre 2021

Jérôme LEROY. Il s'appelle 11 novembre










Il s'appelle 11 novembre


Il faut aller à Ypres
Il faut essayer de nommer les morts tous les morts
Il faut réchauffer les morts de dix-huit ans
Il faut réchauffer mon arrière-grand-père qui n'a jamais eu mon âge
Il faut lire les plaques les croix et nommer encore nommer
Il faut croiser les centenaires avec l'accent écossais et le coquelicot en papier à la boutonnière
Il faut se promener à Vimy, sur la crête au-dessus du bassin minier dans la brume bleue et dorée
Un arbre pour un mort une forêt un mémorial immense et les noms les noms gravés encore les noms les noms des morts
Il faut que les larmes montent aux yeux pour la dernière relève
Nommer pour réchauffer nommer dans le bleu et l'or du ciel d'Artois du ciel des Flandres
Nommer les morts tous les morts


Jérôme LEROY



                    ..."nommer dans le bleu et l'or du ciel d'Artois"... 



Le Parc Mémorial Canadien de Vimy 


   Ce monument représente l'hommage le plus impressionnant que le Canada a rendu à ceux de ses citoyens qui ont combattu et donné leur vie au cours de la Première Guerre mondiale,
Points culminants stratégiques, offrant des vues imprenables sur le bassin minier, les collines de l’Artois qui furent à plusieurs reprises le cadre de violents et sanglants combats.  
Le Mémorial canadien de Vimy est le plus prestigieux des monuments canadiens d’Europe, devenu terre canadienne  « un don de la nation française au peuple canadien » et symbole de l'histoire internationale, sur lequel sont gravés les noms des victimes des combats. Il a été élevé à la mémoire des 66000 jeunes canadiens ayant laissé leur vie ici et en France et commémore la bataille du 9 avril 1917.
Le Monument fait plus qu'indiquer l'emplacement des combats dont les Canadiens tirent plus de fierté que de toute autre opération de la Première Guerre mondiale. II représente un hommage à tous ceux qui ont combattu pour leur pays durant ces quatre années de guerre et, en particulier, à ceux qui ont donné leur vie. Sur le socle du Monument, sont gravés dans la pierre, en français et en anglais, les mots suivants : 




VIMY
À LA VAILLANCE DE SES FILS PENDANT LA GRANDE GUERRE, ET EN MÉMOIRE DE SES SOIXANTE 
 MILLE MORTS, LE PEUPLE CANADIEN A ÉLEVÉ CE MONUMENT






Sur les parois du Monument, sont inscrits les noms de onze mille deux cent quatre-vingt-cinq soldats canadiens « manquant à l'appel et présumés morts » en France.
On notera par ailleurs la réalisation de la sculpture monumentale du sculpteur Canadien  Seymour Allward qui travailla onze années durant pour ériger le monument mémorial de Vimy ainsi que différentes statues.
II a fallu onze mille tonnes de béton et de maçonnerie pour ériger la base du monument et cinq mille cinq cents tonnes de pierre, importée de Yougoslavie, pour les pylônes et les sculptures. La construction de cet ouvrage gigantesque commence en 1925; onze ans plus tard, le 26 juillet 1936, le roi Édouard VIII dévoilait le Monument commémoratif du
Canada à Vimy.






Parc de 110 ha. constitué d'une multitude d'arbres et d'arbustes du Canada qui y ont été plantés pour rappeler les bois et les forêts du Canada. Depuis le sommet de la crête, on  bénéficie d'un magnifique panorama de l'Artois. Aujourd'hui, autour de cette "montagne du souvenir" les trous d'obus, les tranchées et les souterrains restaurés font revivre cette journée historique, à la fois si lointaine et si proche.
La terre sur laquelle est érigé le monument commémoratif du Canada à Vimy a été cédée au Canada par la France en 1922, en reconnaissance des sacrifices accomplis par le Canada lors de la Première Guerre mondiale et pour la victoire remportée par les troupes canadiennes lors de la bataille pour la capture de la crête de Vimy en avril 1917.



samedi 3 juin 2017

Macron est vieux

  Jérôme Leroy

est écrivain. Dernier roman publié: Un peu tard dans la saison (La Table Ronde, 3 janvier 2017) On signalera pour l’occasion la ressortie de trois titres en poche: La minute prescrite pour l’assaut et Comme un fauteuil Voltaire (Petite Vermillon) ainsi que Jugan (Folio).
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En fait, Emmanuel Macron est vieux. L’impression est vague, encore, mais persistante depuis son accession au pouvoir. Bien sûr, il n’a que 39 ans mais souvent, comme les premiers de la classe, il est plus vieux que ses professeurs. La mégalomanie tranquille de la cérémonie du Louvre en mai 2017 renvoyait à celle de Mitterrand au Panthéon en mai 81. Mais au moins, le Mitterrand de 81, au Panthéon, s’inscrivait dans une tradition de gauche républicaine avec les grandes figures de son histoire concrète comme lorsqu’il avait déposé une rose sur la tombe de Victor Shoelcher. Macron, lui, devant la Pyramide donnait plutôt l’impression de fonder une Eglise ou de célébrer la victoire d’une secte. Entendons-nous bien, on ne va pas reprocher à Emmanuel Macron d’être vieux. Les vieux, voire les très vieux, font aussi de grandes choses. Blum en 36, Churchill en 40, De Gaulle en 58, n’étaient pas des gamins. Simplement, survendre sa jeunesse façon Kennedy devient franchement ridicule quand on se confronte aux premiers faits de sa présidence.

Le culte du chef “jupitérien”

Prenons en quelques-uns. La désignation des candidats d’En Marche!. Ce n’est pas parce qu’ils ont été recrutés sur lettres de motivation comme des CDD de l’entreprise Assemblée nationale qu’ils ne sont pas de futurs godillots qui marcheront (!) comme un seul homme, ce qui fait de La République en marche un parti comme un autre, bien verrouillé, façon RPR ou PCF de la grande époque. Il n’y aura pas de frondeurs, pas de courants. On communiera dans le culte du chef “jupitérien”. L’adjectif n’est pas de moi, il est de Macron lui-même. Pour quelqu’un qui voulait en finir avec les vieux partis et revitaliser la vie parlementaire… Non seulement, il ne passera pas à la VIe République (ce n’était pas dans son programme) mais il va présidentialiser les choses à l’extrême, comme Sarkozy à l’époque de « l’hyperprésidence ». C’est retour vers le futur d’une Ve République devenue démocratiquement dangereuse depuis la fin du septennat et la coïncidence entre présidentielle et législatives. Sans compter un mode de scrutin toujours aussi aberrant dans un tel contexte qui va donner une poignée de députés au FN et à France insoumise, qui sont de fait les deuxième et troisième forces du pays.

Haro sur le code du travail!

Macron, également, est aussi vieux que Chirac en 2002 sur le mode « je vous demande de faire barrage au FN, je suis parfaitement conscient que vous n’adhérez pas à mes idées mais votez pour moi au nom de la République et j’en tiendrai compte. » Tu parles, Charles. Chaque bulletin pour Macron mis dans l’urne par des non-macronistes, voire par des antimacronistes, a été pris pour une légitimation de fait. Il est devenu évident dans les médias et au gouvernement que Macron a été élu par plus des deux tiers des Français donc que deux tiers des français lui ont donné un pouvoir sans partage pour cinq ans. Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a été brut de décoffrage dans Paris Match le 23 mai : « Aujourd’hui pour les Français les choses sont claires : ils ont élu Emmanuel Macron avec la volonté de libérer le travail. Donnons-nous les moyens du dialogue, jamais du blocage », en s’adressant aux syndicats qui commencent à bouger. Bref, comme un vieux renard, Macron nous l’a fait à l’envers. Combien de manifestants et de grévistes au moment de la loi El Khomri ont voté pour lui pour faire barrage au FN et se retrouvent maintenant comptabilisés comme des soutiens de facto à la casse du Code du travail par ordonnances ? Ou de la seule mesure potable de la loi travail, avec le droit à la déconnexion, qui était le compte pénibilité et qui sera supprimé comme Macron l’a laissé entendre le 29 mai aux partenaires sociaux. Il est vrai que cela déplaisait au Medef souverainement. Alors tant pis pour le maçon de 56 piges qui bossait depuis 14 ans et qui espérait en profiter. Ce qui est ballot, c’est qu’en votant Macron, il croyait éviter le FN : il va juste rester un peu plus longtemps sur son chantier. Et s’il n’est pas content, il pourra toujours créer une start-up.

Ferrand enferré

Dernier point, l’affaire Ferrand. Là, c’est presque trop beau. Que le ministre ne soit pas juridiquement coupable, c’est sans doute le cas. Que son comportement de mutualiste immobilier qui aime bien sa femme et même ses ex soit moralement plus que discutable, c’est tout aussi vrai. Et voilà le pauvre Bayrou qui est obligé de reculer d’une semaine sa loi sur la moralisation de la vie politique pour ne pas trop faire contraste entre les vices privés et les vertus publiques des nouveaux hiérarques du macronisme qui ont tout de même de très vieilles habitudes.
Alors, jeune, le président Macron ? Dans le délire quasi mystique qui a entouré sa personne, il y en a même qui se sont extasiés sur sa ressemblance avec Boris Vian, mort à l’âge où Macron est devenu président. Certains ont crié à la réincarnation. Le problème c’est que si réincarnation il y a, il y a dû y avoir un court-circuit dans les chakras. Parce que ce que nous avons en face de nous, à l’Elysée, c’est Boris Vian, mais avec l’imaginaire d’Albert Samain ou de Sully Prudhomme.



pcc©Jérome Leroy