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vendredi 17 juillet 2020

-3- La rafle






une « Place des 260 enfants » déportés dans le Marais



« Place des 260 enfants »





Ainsi est dénommée la place récemment créée au milieu de la rue des Hospitalières Saint-Gervais (IVe), derrière la halle des Blancs-Manteaux. Et surtout devant l’école publique des Hospitalières Saint-Gervais, dont les effectifs furent décimés par la rafle du Vél d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942. 

Au total, pendant la Seconde Guerre mondiale, 260 élèves juifs de cette école située à deux pas de la rue des Rosiers, furent déportés dans les camps de concentration nazis, à Auschwitz notamment — dont jamais ils ne revinrent. Une plaque placée au fronton de l’établissement où sont aujourd’hui scolarisés 206 garçons et filles de la maternelle au CM 2, invite chacun à ne pas les oublier.




 

jeudi 16 juillet 2020

(2) La rafle du Vel d'Hiv. 16 et 17 juillet 1942





La rafle du Vel d'Hiv

– 16 et 17 juillet 1942 –




Vent printanier    

Instructions de M. Hennequin, directeur de la police municipale de Paris, aux agents de police lors de la Rafle du Vél' d'Hiv' à Paris, 16-17 juillet 1942 :


1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...]
2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.
3. Les agents chargés de l'arrestation s'assurent lorsque tous les occupants du logement sont à emmener, que les compteurs à gaz, de l'électricité et de l'eau sont bien fermés. Les animaux sont confiés au concierge. [...]
7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximun de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.
8. Les gardiens et inspecteurs chargés de l'arrestation rempliront les mentions figurant au dos de chacune des fiches :
Indication de l'arrondissement ou de la circonscription du lieu d'arrestation ;
« Arrêté par », en indiquant les noms et services de chacun des gardiens et inspecteurs ayant opéré l'arrestation ;
Le nom de la personne à qui les clés auront été remises ;
Au cas de non-arrestation seulement de l'individu mentionné sur la fiche, les raisons pour lesquelles elle n'a pu être faite et tous renseignements succints utiles ;

Et selon le tableau ci-après :



SERVICE :
Agents capteurs :
Nom..............................................
Nom..............................................
Service..............................................
Service..............................................
Clés remises à M. ..............................................
No ..............................................
rue ..............................................
Renseignements en cas de non-arrestation
Paris, le 12 juillet 1942
Le Directeur de la Police Municipale
Signé HENNEQUIN 




      Bref rappel :

Ces 16 et 17 juillet 1942, 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants ont été arrêtés par la police française et enfermés au Vélodrome d’Hiver.
Simultanément, 1 989 hommes et 3 003 femmes, couples sans enfants et célibataires, avaient été arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés après séparation brutale dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers des enfants en bas âge, environ 3 000, de leurs parents qui furent déportés les premiers.

Quant aux enfants, transférés à Drancy, ils en furent déportés entre le 17 et le 31 août 1942, mélangés à des adultes juifs en provenance de la zone libre où ils avaient également été arrêtés par les forces de police vichystes.







La seule photo existante








**
1942 - 1995 ... Le grand silence. 
Enfin une voix se lève :
    
Extrait du discours de Jacques CHIRAC, Président de la République, prononcé le 16 juillet 1995 devant le monument commémoratif de la Rafle, situé
Square de la place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver.


« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français.
Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis.
Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.
(…)

La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »



mercredi 15 juillet 2020

(1) Vent printanier. 15 juillet 1942





La rafle —1—




15 juillet 1942 - 


Vent printanier

A Paris le 15 juillet 1942 a lieu une réunion technique pour la mise au point de la rafle de Paris, nom de code : "Vent printanier" [ ! ]. Y participent Dannecker, Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives, Leguay, adjoint du chef de la police en zone occupée, François, directeur des camps de transit, Hennequin, directeur de la Police municipale de Paris, Tulard, directeur du fichier Juif de la préfecture de Paris, Garier, représentant le préfet du Département de la Seine, Schweblin, directeur de la Police anti-juive, Gallien, chef de cabinet de Darquier de Pellepoix, Guidot, officier d’Etat Major de la police municipale.
On avait choisi le Vélodrome d'Hiver pour rassembler les Juifs arrêtés avant de les déporter à l'Est. 9 000 hommes participeraient à l'opération, tous français. La gendarmerie française servirait d'escorte. Les policiers allemands n'interviendraient pas ouvertement dans la rafle qui, en principe, ne visait que des Juifs étrangers, ou apatrides, émigrés en France dans les années précédentes.

Au cours de cette veillée d'armes, au soir du 15 juillet 1942, on distribuait les ultimes consignes, on réquisitionnait les derniers autobus. Il s'agissait de transporter et d'enfermer près de 28 000 personnes, hommes, femmes et enfants. Une telle opération ne s'improvise pas. Des préparatifs d'une telle ampleur devaient nécessairement entraîner des fuites. Tous les fonctionnaires occupés à ventiler le fichier, tous les policiers mobilisés n'étaient pas nécessairement collaborateurs et antisémites. Ils avaient parfois des amis juifs qu'il leur était facile de prévenir, même d'une façon anonyme.
Aussi des rumeurs, des tracts circulaient-ils sous le manteau dans les quartiers populeux où les Juifs pauvres, depuis des siècles, ont l'habitude de s'amalgamer en arrivant à Paris. Une feuille clandestine, éditée en français et en yiddish, leur conseillait de se cacher, car une terrible épreuve les attendait. Une voix inconnue prévenait certains Israélites qui possédaient encore le téléphone (la loi le leur interdisait désormais) que la « nuit allait être chaude ».

La plupart de ceux qui avaient la chance de recevoir un tel avertissement comprenaient le danger qu'ils couraient, mais ils ne savaient guère comment y parer. Ils ne pouvaient fuir Paris sans faux papiers, car les leurs portaient le mot JUIF et la police surveillait toutes les gares. Ils ne possédaient presque plus d'argent. Passer en zone libre exigeait d'eux une filière qui n'était pas toujours sûre. Et puis il y avait les enfants qui paralysaient tout espoir de fuite.

Aussi certains, accablés ou fatalistes, ne voulurent pas croire au péril qui les menaçait et attendirent leur sort avec résignation. D'ailleurs ils conservaient la certitude que la France ne les abandonnerait pas.

D'autres, justement, avaient servi dans l'armée française et étaient médaillés de guerre. Ils entretenaient l'illusion d'être protégés par leurs médailles, comme on le leur avait laissé croire, et comme c'était le cas en zone libre. Ils ne tentèrent rien pour se mettre à l'abri alors qu'ils le pouvaient encore.

Pourtant quelques-uns plus lucides, plus prudents, se réfugièrent chez des amis ou des voisins, dans des cachettes que leur prévoyance avait préparées et purent ainsi échapper à ce que les Juifs ont appelé le jeudi noir. Beaucoup laissèrent leurs femmes et leurs enfants dans leur logement, car ils croyaient naïvement qu'on n'arrêterait que les hommes. 

Et déjà le soleil se couchait sur Paris.


à suivre -2- & -3-



mercredi 17 juillet 2019

(3)– La rafle





une « Place des 260 enfants » déportés dans le Marais



« Place des 260 enfants »
Ainsi a été dénommée à Paris la place récemment créée au milieu de la rue des Hospitalières Saint-Gervais (IVe), derrière la halle des Blancs-Manteaux. Et surtout devant l’école publique des Hospitalières Saint-Gervais, dont les effectifs furent décimés par la rafle du Vél d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942. 

Au total, pendant la Seconde Guerre mondiale, 260 élèves juifs de cette école située à deux pas de la rue des Rosiers, furent déportés dans les camps de concentration nazis, à Auschwitz notamment — dont jamais ils ne revinrent. Une plaque placée au fronton de l’établissement où sont aujourd’hui scolarisés 206 garçons et filles de la maternelle au CM 2, invite chacun à ne pas les oublier.






lundi 17 juillet 2017

La rafle







© Francine MAYRAN

Le Vel' d'Hiv
2009

   



    Bref rappel sur la Rafle

Ces 16 et 17 juillet 1942,

1 129 hommes,

2 916 femmes et

4 115 enfants 

ont été arrêtés par la police française et enfermés au Vélodrome d’Hiver.



Simultanément, 1 989 hommes et 3 003 femmes, couples sans enfants et célibataires, avaient été arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés après séparation brutale dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers des enfants en bas âge, environ 3 000, de leurs parents qui furent déportés les premiers.

Quant aux enfants, transférés à Drancy, ils en furent déportés entre le 17 et le 31 août 1942, mélangés à des adultes juifs en provenance de la zone libre où ils avaient également été arrêtés par les forces de police vichystes.

Ces ordres, dès l'origine, ont été donnés par un prétendu état français présidé par P.Pétain qui en a décidé ainsi. Pétain a signé de sa main la rafle des enfants. Ce crime est imprescriptible.