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lundi 18 mars 2019

L'indignation et la révolte












La France n'est ni un pays qui crie famine ni un État vivant en dictature. Le saccage de l'avenue des Champs-Élysées, samedi, à Paris, n'inspire donc rien d'autre que de l'indignation, de la révolte et de la honte. Aucune excuse ne saurait justifier ce vandalisme, aussi gratuit que stupide. Et les «gilets jaunes» qui pensent que la violence est la seule façon pour eux de se faire entendre ne font que desservir la cause de ceux qui ont de vraies raisons d'exprimer leur mécontentement, d'ailleurs soutenus par une partie de la population.

Il fallait redouter cet acte XVIII de la contestation ponctuant la fin de la première phase du débat national. Depuis des semaines, l'impatience monte, en dépit de la dizaine de milliards mis sur la table, le 10 décembre, par Emmanuel Macron. Les «gilets jaunes» avaient présenté cette journée comme un «ultimatum». Complices ou pas, ils offraient ainsi une occasion rêvée d'occuper le terrain aux fanatiques de l'ultra-gauche, toujours prêts à venir casser quelques symboles du capitalisme. La détermination de ces acharnés à saper l'autorité publique est d'autant plus forte qu'ils en connaissent les faiblesses depuis la gestion lamentable de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Face à la menace d'un «samedi noir», le gouvernement a opposé une légèreté coupable. Son défaut d'anticipation puis son impuissance à empêcher les fauteurs de troubles de passer à l'action suscitent plus que des interrogations. Une journée durant, policiers et gendarmes ont été débordés, malmenés, intimidés, voire agressés. Jamais ils n'ont paru en position de force, en mesure d'arrêter le chaos, révélant de graves et inexplicables défaillances tactiques. Ce n'est pas parce que le président skie qu'il y a vacance du pouvoir. Et ce n'est pas parce que la loi anticasseurs n'est pas encore effective que pareil désordre ne peut pas être évité.

C'est toute la stratégie du maintien de l'ordre qui doit être revue et corrigée. Depuis quatre mois que dure le mouvement des «gilets jaunes», il est révoltant de constater de tels saccages: il est accablant que l'exécutif n'ait pas su se montrer à la hauteur du défi…




samedi 26 janvier 2019

«Tirer les flûtes», «craque», «mouise»... Les mots d'Emmanuel Macron à Bourg-de-Péage








Lors de son grand débat avec les habitants de Bourg-de-Péage, 
le président de la République a employé moult mots à la saveur désuète. 



Aux grands débats, les grands mots. 


Jeudi 24 janvier, le président de la République était à Bourg-de-Péage pour répondre aux questions de ses habitants. «Gilets jaunes», Brexit, justice, journalisme... Emmanuel Macron s'est fait le héraut de chacun de ses sujets. Sans couper court à son goût pour les formules, comme il l'avait notamment montré avec l'expression «c'est de la pipe» à Grand Bourgtheroulde. Durant un débat long de trois heures, il a employé moult termes à la saveur désuète. On revient sur ces quelques expressions.

Interpellé par un homme qui a accusé le gouvernement d'être «corrompu», Emmanuel Macron a d'abord rappelé que les «mots ont un sens» avant de préciser: «La presse est libre et la justice est indépendante. Elle peut faire des investigations [...] Vous ne pouvez pas dire que les membres du gouvernement sont corrompus, car c'est un affaiblissement de la démocratie.» Puis, tenant à rectifier la vérité sur le statut de son interrogateur, il a lancé: «Vous n'êtes pas dans la rue. Vous m'avez dit vous-même que vous allez vous expatrier donc arrêtez de me raconter des craques. Vous n'êtes pas un gilet jaune pour deux sous.» La formule s'écrit avec le substantif féminin «craque» et non le nom masculin «crack» qui désigne un «poulain favori d'une écurie de course». Le terme «craque» est en effet ici, le déverbal de «craquer» au sens de «se vanter faussement, mentir». Il appartient au registre populaire et désigne un «mensonge que l'on dit pour se justifier ou pour abuser quelqu'un».


Interrogé sur le cas particulier d'un couple divorcé, qui a des difficultés à joindre les deux bouts, le président s'est exprimé en ces termes: «Il y a derrière cette colère que vous exprimez, le fait que nous sommes 66 millions de colères. Il y en a qui s'en sortent mieux que d'autres, qui ne sont pas en colère, qui sont plus dans la mouise que d'autres.» Le mot «mouise» vient d'un dialecte de l'est de la France, indique Le Trésor de la langue française. Du terme «mouesse» de Montbéliard qui signifie «confiture grossière faite de fruits sans addition de sucre; raisiné» et de «mousse» du Doubs, qui veut dire «confiture». Le mot «mouise» serait lui-même emprunté de l'allemand dialectal du Sud «mues», à savoir «bouillie». Il est une autre manière de dire «être dans la panade».


En s'exprimant sur son propre parcours: «Moi je n'étais pas un politicien. Je suis arrivé là par hasard. Parce que j'ai eu de la chance, parce que j'ai voulu me battre, qu'on m'a fait confiance. Je suis sorti du système. on m'a pris pour un fada quand je suis allé, contre le système politique en place.» Le mot «fada» est emprunté au provençal «fadatz, fadas» qui signifie «fou, niais». On le retrouve dès le début du XVIIe siècle dans la locution «badautz et fadatz». Il signifie aujourd'hui «imbécile». On le note par ailleurs dans l'expression «Être fada de» soit «être entiché de, être fou de».

Enfin, interrogé sur l'idée de mettre en place des référendums permanents, le président a prix l'exemple des Britanniques: «Les gens qui ont voté pour le Brexit l'on fait en bonne foi. Ils étaient en colère, leur vie était impossible. Bilan des courses, ça fait deux ans que ça dure. Ceux qui leur avaient dit de voter le Brexit se sont tiré les flûtes.» Cette dernière expression n'est pas passée inaperçue. «Jouer des flûtes, se tirer des flûtes» signifie «s'enfuir rapidement», indique Le Trésor de la langue française. Le mot «flûte» ferait ici référence au mot «jambe». Ce, tel qu'on pouvait le retrouver dans les expressions «Être monté sur des flûtes (Avoir des jambes longues et grêles)» et «Mettre les flûtes (à son cou, sans doute)». La formule est une manière de dire «prendre la poudre d'escampette».




lundi 14 janvier 2019

L'habit ne fait pas le moine





« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ». 
Blaise Pascal, In Pensées, fragment 139







Les signes sont forts. Le pays s’ennuie, la France s’emmerde. Trente années glorieuses, dix années sous crise et rien qui vienne palpiter à l’horizon… Au moins dans la France dite des régions -pardon- « des territoires » où cet horizon devient de plus en plus flou, incertain, indéchiffrable. Alors, dans l’évaporation du politique et l’endormissement d’un état providence au bord de la faillite, on va, on vient, entre le picon-bière, les jeux à gratter et Nagui ou mieux Hanouna. On expérimente le grand vide pascalien des villages déserts, la profonde déprime des ensembles pavillonnaires où le siège de jardin en plastique blanc tutoie le nain en plâtre polychrome. Et puis, un jour, entre deux plaintes et trois gémissements, dans la rage impuissante devant le train du monde qui passe et fonce sans vous, un imbécile un peu fort en gueule propose d’aller bloquer ce train, ce flux au rond-point d’à côté. Les yeux brillent. Le quart d’heure warholien du petit chef omnipotent est à portée de gilet… On braille, on exige le klaxon, on moque les « grandeurs d’établissement », on est le Roi. Se sentir lésé est un état d’esprit qui ne favorise pas la largeur de vue. On invective l’autorité, on insulte les élites, on se livre à des pantomimes macabres, on est le peuple. On voit « des autres » qu’on ne croisait que dans la queue à Intermarché, on se reconnaît, on se parle, on discute SMIC, RIC, CSG, ISF… sans trop savoir ce que cela recouvre. Pas d’importance, le courant passe, c’est chaleureux, on se dilate, ça fait du bien, on n’est plus seul. Les « y’a qu’à » et les « faut qu’on » fusent; l’économie dont l’opacité est impénétrable est réduite à quelques slogans (contre « les riches »). On repeint le monde à la couleur de ses désirs bafoués, de ses rêves désespérément rognés. Le ciel se noircit de pneus incendiés. L’Elysée s’émeut, Jupiter lâche beaucoup de billets. On veut plus. Avec ces « miettes » on pense déjà à remplacer le picon-bière par le Jack Daniels, les jeux à gratter par le tiercé, Nagui par Netflix… Et puis, un autre imbécile – un de ces loups pelés aux yeux bleu marine et au poil insoumis – lance sournoisement: « Et si on foutait le feu à la préfecture? ». Les yeux brillent. La demi-heure de célébrité du petit barbare gaulois est à portée de cocktail Molotov…


Paradoxe des temps actuels: le gilet jaune fluorescent dit de haute visibilité ou gilet de sécurité destiné à mieux rendre visible son porteur est devenu l’habit d’anonymat derrière lequel peuvent s’abriter impunément turpitudes et vilénies, se cacher hypocritement violences et exactions de tous ordres.

L’habit ne fait pas le moine mais le gilet peut faire l’émeutier embusqué et le factieux  dégonflé…







Pcc L.L.M&L.A

vendredi 14 décembre 2018

- "MACRON, ON EN VEUT PLUS !"




du monde d'orthographe,
vous fait partager sa passion
pour la langue française.
Bruno Dewaele, ancien prof. et champion du monde d'orthographe, partage ici sa passion pour la langue française.





Depuis sa décision, il y a quelque quatre ans, de faire valoir ses droits à une CSG revue à la hausse, l'auteur de ces lignes s'était habitué à l'idée qu'il n'aurait plus à évangéliser ces chères têtes réputées blondes.

Mais ça, c'était avant. 

Avant que, des plus fortuitement, il n'aperçût aux étranges lucarnes ce slogan que criait un carton ficelé aux grilles d'un lycée parisien : MACRON, ON EN VEUT PLUS !

Avouera-t-il que, l'espace d'un instant, il s'est demandé ce que le chef de l'État avait déjà lâché pour qu'on en réclamât ainsi davantage : ni renoncement à Parcoursup, pourtant, ni retour à l'ancien bac. À l'époque, les gilets jaunes n'avaient pas même obtenu d'un pouvoir jusque-là inflexible la suspension des taxes, l'annulation encore moins. Sa perplexité redoublant, il alla jusqu'à se demander s'il n'était pas tombé sur un foyer de jeunes réactionnaires qui, résolument à contre-courant, exigeaient... plus de Macron, exhortant ce dernier, envers et contre tous ceux qui traversent aujourd'hui la rue moins pour chercher du boulot que pour la dépaver, à maintenir le cap !

Avant que ne lui revienne, tel un boomerang, le souvenir de ses quarante années de sacerdoce. C'est immédiatement, alors, qu'il aurait soupçonné la faute et intercalé entre le « on » et le « en » la négation qui va bien, comme on aime à dire aujourd'hui : MACRON, ON N'EN VEUT PLUS ! C'est instantanément qu'il se serait retenu de prononcer le « s » final de plus. Question d'habitude. De résignation, aussi. Aurait-il déjà tant perdu ?

Et de rêver, pour la première fois, à la belle leçon de grammaire qu'il aurait pu faire s'il avait été encore en exercice. Non pas celle que l'on exhume toute raide d'un Bled ou d'un Bescherelle, depuis belle lurette couverte de poussière et de toiles d'araignée. Mais celle que l'on tire de la vie, et qui rappelle opportunément que, pour être entendu, il faut d'abord être compris.









vendredi 7 décembre 2018

Jill et John ? (*)










(*) Jill et John, les deux hirsutes au look "en cours de radicalisation" ne seraient autres que messieurs Philippe et Castaner.

jeudi 6 décembre 2018

« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 252 variétés de taxes ? »







La France, le pays aux 252 variétés de taxes
En voici une liste non exhaustive...

« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 252 variétés de taxes ? », aurait pu dire le général De Gaulle. En attendant la « mise à plat » de la fiscalité française et le « grand débat national sans tabou », voilà la liste des différentes taxes, cotisations et contributions. A enrichir, il se peut que la liste ne soit pas complète…



1 Impôt sur le revenu (IR)

2 Impôt sur la fortune immobilière (IFI)

3 Impôt sur les sociétés (IS)

4 Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB)

5 Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB)

6 Taxe d’habitation (TH)

7 Cotisation foncière des entreprises (CFE)

8 Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

9 Contribution sur les revenus locatifs (CRL)

10 Taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM)

11 Taxe spéciale d’équipement (désormais remplacée par la taxe d’aménagement)

12 Taxe additionnelle à la TFPNB

13 Taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères (TEOM)

14 Taxe destinée au financement des conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE)

15 Redevance départementale sur l’aménagement des espaces naturels et sensibles (TDENS)

16 Taxe de balayage

17 Taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE)

18 Impositions perçues au profit des communautés urbaines

19 Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie

20 Prélèvement sur les bénéfices tirés de la construction immobilière

21 Taxe hydraulique au profit des voies navigables de France

22 Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP)

23 Contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés

24 Taxe sur la consommation de charbon

25 Taxes générales sur les activités polluantes (TGAP)

26 CRDS (Contribution pour le remboursement de la dette sociale)

27 CSG (Contribution sociale généralisée)

28 Taxe forfaitaire sur les métaux précieux

29 Contribution à l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés)

30 Redevances pour droit de construire EPAD (Établissement public d’aménagement et de développement)

31 Droit sur les cessions de fonds de commerce et opérations assimilées

32 Droits sur les ventes d’immeubles

33 Droit sur les cessions de droits sociaux

34 Droits de succession et de donation

35 Prélèvement non libératoire forfaitaire sur les dividendes et distributions assimilées

36 Droit du permis de chasse

37 Droit de validation du permis de chasse

38 Taxe sur la musique (SACEM – SPRE)

39 Taxe sur les plus-values immobilières autres que terrains à bâtir

40 Impôt sur les plus-values immobilières

41 Cotisation additionnelle versée par les organismes HLM et les SEM

42 Cotisation versée par les organismes HLM et les SEM

43 Redevances perçues à l’occasion de l’introduction des familles étrangères en France

44 Taxe sur les spectacles perçue au profit de l’Association pour le soutien des théâtres privés

45 Taxe sur les transactions financières

46 Taxe annuelle sur les produits cosmétiques

47 Taxe additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base dite « de stockage »

48 Surtaxe sur les eaux minérales

49 Taxe communale additionnelle à certains droits d’enregistrement

50 Redevances proportionnelles sur l’énergie hydraulique

51 Taxe communale sur les remontées mécaniques

52 Taxe communale sur la consommation finale d’électricité

53 Redevance d’enlèvement d’ordures ménagères (REOM)

54 Taxe sur les cartes grises

55 Redevances communale et départementale des mines

56 Imposition forfaitaire annuelle sur les pylônes

57 Taxes de trottoir et de pavage

58 Prélèvement progressif sur le produit des jeux dans les casinos au profit des communes

59 Taxe sur les activités commerciales non salariées à durée saisonnière

60 Taxe forfaitaire sur la cession à titre onéreux des terrains nus qui ont été rendus constructibles du fait de leur classement

61 Taxes sur les friches commerciales

62 Taxe sur le ski de fond

63 Taxe sur les éoliennes maritimes

64 Taxe sur les déchets réceptionnés dans une installation de stockages ou un incinérateur de déchets ménagers

65 Taxe pour non-raccordement à l’égout

66 Taxes dans le domaine funéraire

67 Taxe pour obstacle sur les cours d’eau, taxe pour stockage d’eau en période d’étiage et taxe pour la protection des milieux aquatiques, redevances pour pollution diffuses

68 Redevances pour pollution de l’eau et pour modernisation des réseaux de collecte

69 Taxe départementale des espaces naturels sensibles

70 Taxe sur les nuisances sonores aériennes

71 Taxe spéciale sur la publicité télévisée

72 Octroi de mer

73 TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) lubrifiants, huiles et préparations lubrifiantes

74 TGAP lessives

75 TGAP matériaux d’extraction

76 TGAP imprimés

77 TGAP installations classées

78 TGAP déchets

79 TGAP émissions polluantes

80 Redevances spéciales d’enlèvement des déchets non ménagers

81 Taxe sur les produits, déchets et résidus d’hydrocarbures

82 Taxe sur la publicité foncière

83 Taxe sur la valeur vénale des biens immobiliers des entités juridiques

84 Cotisation spéciale sur les boissons alcoolisées

85 Droit de circulation sur les vins, cidres, poirés et hydromels

86 Droit de consommation sur les produits intermédiaires

87 Droits de consommation sur les alcools

88 Droit sur les bières et les boissons non alcoolisées

89 Taxe sur les prémix

90 Prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placement et contribution additionnelle

91 Contribution sociale de solidarité des sociétés

92 Contribution due par les laboratoires et les grossistes répartiteurs sur les ventes en gros aux officines pharmaceutiques

93 Contribution à la charge des laboratoires pharmaceutiques non conventionnés avec le comité économique des produits de santé

94 Contribution due par les laboratoires sur leurs dépenses de publicité

95 Prélèvement sur les ressources de différents régimes de prestations familiales

96 Redevance due par les titulaires de titres d’exploitation de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux

97 Droits de plaidoirie

98 Contribution due par les entreprises exploitant des médicaments bénéficiant d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché)

99 Contribution due par les entreprises fabriquant ou exploitant des dispositifs médicaux sur leurs dépenses de publicité

100 Participation des employeurs occupant 10 salariés ou plus au développement de la formation professionnelle continue

101 Participation des employeurs occupant moins de 10 salariés au développement de la formation professionnelle continue

102 Participation des employeurs occupant 10 salariés ou plus au financement du congé individuel de formation des salariés (0,2 % des rémunérations)

103 Taxe de séjour

104 Financement des congés individuels de formation des salariés sous contrats à durée déterminée CIF-CDD (1 % des salaires versés, ou moins en cas d’accord de branche)

105 Participation au financement de la formation des professions non salariées (à l’exception des artisans et des exploitants agricoles) correspondant à 0,15 % du montant annuel du plafond de la Sécurité sociale

106 Taxe d’apprentissage – versements aux centres de formation d’apprentis et aux établissements publics ou privés d’enseignement technologique et professionnel

107 Taxe départementale sur les remontées mécaniques

108 Taxe d’apprentissage – versements au titre de la péréquation

109 Contribution au développement de l’apprentissage

110 Taxe d’apprentissage

111 Contribution pour le financement des contrats et périodes de professionnalisation et du droit individuel à la formation à 0,15 % et 0,5 %

112 Taxe destinée à financer le développement des actions de formation professionnelle dans les transports routiers

113 Taxe pour le développement de la formation professionnelle dans les métiers de la réparation de l’automobile, du cycle et du motocycle

114 Taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties, pour frais de chambres d’agriculture

115 Taxe spécifique pour la Chambre nationale de la batellerie artisanale

116 Taxe pour frais de chambres des métiers et de l’artisanat

117 Taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie

118 Taxe spéciale d’équipement

119 Participation des employeurs à l’effort de construction (1 % logement)

120 Cotisation des employeurs (FNAL, Fonds national d’aide au logement)

121 Taxe annuelle sur les logements vacants

122 Versement de transport dû par les entreprises de plus de 9 salariés implantées en province

123 Taxe sur les titulaires d’ouvrages de prise d’eau, rejet d’eau ou autres ouvrages hydrauliques destinés à prélever ou à évacuer des volumes d’eau

124 Taxe d’aéroport

125 Contributions additionnelles aux primes ou cotisations afférentes à certaines conventions d’assurance

126 Taxes de protection des obtentions végétales

127 Taxe d’abattage (remplacée par une majoration de la CVO des éleveurs)

128 Taxe sur les céréales

129 Taxe au profit de France Agri Mer (anciennement affectée à l’Ofimer)

130 Redevances perçues à l’occasion des procédures et formalités en matière de propriété industrielle, ainsi que de registre du commerce et des sociétés, établies par divers textes

131 Majoration de 10 % du montant maximum du droit fixe de la taxe pour frais de chambres de métiers

132 Contribution annuelle des distributeurs d’énergie électrique en basse tension

133 Taxe pour le développement des industries de l’ameublement ainsi que des industries du bois

134 Taxe pour le développement des industries du cuir, de la maroquinerie, de la ganterie et de la chaussure

135 Taxe pour le développement des industries de l’horlogerie, bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et arts de la table

136 Taxe pour le développement des industries de la mécanique et de la construction métallique, des matériels et consommables de soudage et produits du décolletage, de construction métallique et des matériels aérauliques et thermiques

137 Taxe pour le développement des industries des matériaux de construction regroupant les industries du béton, de la terre cuite et des roches ornementales et de construction

138 Taxe pour le développement de l’industrie de la conservation des produits agricoles

139 Taxe pour le comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers

140 Droit annuel de francisation et de navigation en Corse ; droit de passeport en Corse

141 Redevance due par les employeurs de main-d’œuvre étrangère permanente et saisonnière

142 Taxe applicable lors du Renouvellement des autorisations de travail aux travailleurs étrangers

143 Droits gradués des greffiers des tribunaux de commerce (inscription des privilèges et sûretés)

144 Contribution spéciale versée par les employeurs des étrangers sans autorisation de travail

145 Taxe perçue à l’occasion de la délivrance du premier titre de séjour

146 Taxes sur les primes d’assurance

147 Contribution au fonds national de gestion des risques en agriculture

148 TVA brute sur les produits pharmaceutiques (commerce de gros)

149 TVA brute sur les tabacs

150 Contribution additionnelle à la contribution sociale de solidarité des sociétés

151 Droits de consommation sur les tabacs (cigares)

152 Taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux perçue dans la région Île-de-France

153 Taxe sur les salaires

154 Taxes sur les nuisances sonores aéroportuaires

155 Taxes sur les primes d’assurance automobile

156 Contribution de solidarité sur les billets d’avion

157 Taxe affectée au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes

158 Taxe perçue lors de la mise sur le marché de médicaments vétérinaires, ainsi qu’une taxe annuelle pour certaines autorisations ou enregistrements

159 Taxe pour l’évaluation et le contrôle de la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et à leurs adjuvants mentionnés à l’article L. 253-1 du Code rural et de la pêche maritime et aux matières fertilisantes et supports de culture

160 Taxe applicable aux demandes de validation d’une attestation d’accueil

161 Versement de transport dû par les entreprises de plus de 9 salariés implantées en Île-de-France

162 Contribution sociale sur les bénéfices

163 Contribution pour frais de contrôle

164 Droits de timbre sur les passeports sécurisés

165 Taxe spéciale sur les huiles végétales, fluides ou concrètes, destinées à l’alimentation humaine

166 Cotisations (normale et supplémentaire) des entreprises cinématographiques

167 Taxe sur les spectacles

168 Taxe sur les spectacles de variétés

169 Taxe sur l’édition des ouvrages de librairie

170 Taxe sur les appareils de reproduction ou d’impression

171 Redevance d’archéologie préventive

172 Taxe additionnelle aux droits d’enregistrement et à la taxe de publicité foncière perçus au profit des départements

173 Redevances pour pollution de l’eau, modernisation des réseaux de collecte, pollutions diffuses, prélèvement sur la ressource en eau, stockage d’eau en période d’étiage, obstacle sur les cours d’eau et protection du milieu aquatique

174 Taxe sur les passagers maritimes embarqués à destination d’espaces naturels protégés

175 Droit de francisation et de navigation

176 Taxe sur les boues d’épuration urbaines ou industrielles

177 Redevances biocides

178 Taxe sur les voitures particulières les plus polluantes

179 Taxe intérieure sur les consommations de gaz naturel

180 Taxe intérieure de consommation sur les houilles, lignites et cokes

181 Octroi de mer

182 Contribution sur la cession à un service de télévision des droits de diffusion de manifestations ou de compétitions sportives

183 Taxe due par les concessionnaires d’autoroutes

184 Droit de sécurité

185 Cotisation pêche et milieux aquatiques

186 Redevances cynégétiques

187 Prélèvement sur le produit des primes ou cotisations additionnelles relatives à la garantie contre le risque de catastrophes naturelles

188 Taxe sur les installations nucléaires de base

189 Contribution perçue au profit de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES)

190 Taxe sur les résidences secondaires

191 Taxe spéciale d’équipement pour la région Île-de-France

192 Taxe additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base – Recherche

193 Taxe additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base – Accompagnement

194 Taxe additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base – Diffusion technologique

195 Produits des jeux exploités par la Française des Jeux

196 Taxe annuelle d’habitation sur les résidences mobiles terrestres

197 Droit de licence sur la rémunération des débitants de tabacs

198 Contribution sociale sur les bénéfices

199 TVA brute collectée sur les producteurs de boissons alcoolisées

200 Taxe sur les appareils automatiques

201 Droit sur les produits bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique protégée

202 Taxe annuelle sur les médicaments et les produits bénéficiaires d’une autorisation de mise sur le marché

203 Taxe annuelle relative aux dispositifs médicaux mis sur le marché français

204 Droit progressif sur les demandes d’autorisation de mise sur le marché de médicaments

205 Taxe annuelle due par tout laboratoire public ou privé d’analyses de biologie médicale (CNQ)

206 Taxe sur les demandes d’autorisation de recherche biomédicale (taxe essais cliniques)

207 Taxe additionnelle à la taxe sur les demandes d’autorisation de recherche biomédicale

208 Taxe sur les demandes de visa ou de renouvèlement de visa de publicité et les dépôts de publicité pharmaceutique

209 Droit sur les inspections menées en vue de la délivrance du certificat de conformité mentionné à l’article L 5138-4 du Code de la santé publique

210 Contribution forfaitaire due par les employeurs de main-d’œuvre permanente

211 Droits fixes des greffiers des tribunaux de commerce

212 Contribution de solidarité en faveur des travailleurs privés d’emploi

213 Taxe de Renouvellement (et fourniture de duplicatas) du titre de séjour

214 Taxe applicable aux documents de circulation pour étrangers mineurs

215 Taxe due par les employeurs de main-d’œuvre étrangère permanente

216 Taxe due par les employeurs de main-d’œuvre étrangère temporaire

217 Taxe due par les employeurs de main-d’œuvre étrangère saisonnière

218 Taxe sur le prix des entrées aux séances organisées dans les établissements de spectacles cinématographiques

219 Taxe sur les services de télévision

220 Taxe sur les ventes et les locations de vidéogrammes destinés à l’usage privé du public (taxe vidéo et VOD)

221 Taxe et prélèvements spéciaux au titre des films pornographiques ou d’incitation à la violence

222 Taxe sur les contributions patronales au financement de la prévoyance complémentaire

223 Contribution des organismes de protection sociale complémentaire à la couverture universelle complémentaire du risque maladie

224 Contribution solidarité autonomie

225 Contribution sur les avantages de préretraite d’entreprise

226 Contribution sur les indemnités de mise à la retraite

227 Contributions patronales et salariales sur les attributions d’options (stock-options) de souscription ou d’achat des actions et sur les attributions gratuites

228 Taxe portant sur les quantités de farines, semoules et gruaux de blé tendre livrées ou mises en œuvre en vue de la consommation humaine

229 Contribution annuelle au Fonds de développement pour l’insertion professionnelle des handicapés (FIPH)

230 Contribution des employeurs publics au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP)

231 Contributions additionnelles de 1,1 % au prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine et produits de placements

232 Contribution sur les régimes de retraite conditionnant la constitution de droits à prestations à l’achèvement de la carrière du bénéficiaire dans l’entreprise

233 Taxe d’équipement

234 Droits de consommation sur les tabacs (autres tabacs à fumer)

235 Taxe sur les véhicules de société

236 Taxe pour frais de chambre de métiers et de l’artisanat – chambre de métiers de la Moselle

237 Taxe pour frais de chambre de métiers et de l’artisanat – chambre de métiers d’Alsace

238 Taxe pour la gestion des certificats d’immatriculation des véhicules

239 Droits de consommation sur les tabacs (cigarettes)

240 Taxe additionnelle à la taxe annuelle sur les médicaments et les produits bénéficiaires d’une autorisation de mise sur le marché (AMM)

241 Droit progressif sur l’enregistrement des produits homéopathiques

242 Taxe annuelle relative aux dispositifs médicaux et sur les dispositifs médicaux de diagnostic « in vitro » mis sur le marché français

243 Enregistrement des médicaments traditionnels à base de plantes

244 Contribution visée au II de l’article 8 de l’ordonnance no 2003-1213 du 18 décembre 2003

245 Majoration de la taxe de séjour pour les logements haut de gamme

246 Taxe de voirie

247 Taxe sur les ventes et locations de vidéogrammes destinés à l’usage privé du public (TCA)

248 Péréquation entre organismes de logement social

249 Contribution sur les mises jouées sur les paris sportifs en ligne de la Française des jeux et des nouveaux opérateurs agréés

250 Redevance destinée à financer les missions de service public confiées aux sociétés de courses

251 Prélèvement affecté au Centre des monuments nationaux

252 Taxe sur les jeux en ligne



.../...  (?)

samedi 1 décembre 2018

« J'entends »





Paradoxalement, on ne s'est jamais autant « entendu » qu'en ce moment : le verbe fleurit sur toutes les lèvres qui s'offrent aux micros. Las ! sous la paille des mots, le grain des choses est moins nourrissant...

Il suffit de tendre l'oreille pour remplir son cabas. « J'entends la colère », assure le chef de l'État. « J'entends ce que disent les Français », renchérit le Premier ministre. « J’entends l’incompréhension et la demande de nos concitoyens qui veulent savoir quelle est la logique de notre politique », précise Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales. Qui n'aurait pourtant remarqué que cette entrée en matière annonce invariablement un « mais », lequel vient aussitôt doucher les espoirs qu'elle avait fait naître ?

Naguère, quand on voulait calmer ces « Français qui se cabrent », on affirmait qu'on les avait « compris ». On ne va plus même jusque-là, aujourd'hui, quand le verbe entendre aurait quelquefois ce sens. Il semblerait cependant qu'il s'agît plutôt d'« accueillir avec sympathie les propos de quelqu'un (au sens étymologique, de « souffrir avec lui », ce qui n'engage à rien) et d'agir en conséquence (ça, c'est une autre paire de manches) ». En réalité, ce qui compte surtout, c'est de ne pas donner l'impression que l'on ne veut... rien entendre ! C'est cela qui relèverait de la faute politique. Qu'après, une fois que les apparences ont été sauvées, on se retire sur la pointe des pieds, c'est dans la nature des choses. Le « bon entendeur » ne se sent-il pas autorisé à vous quitter d'un simple « Salut ! » ?

Le piquant de l'affaire, c'est que la langue avait tout prévu. Et notamment que le verbe entendre, sous ses dehors bonhommes, puisse cacher une volonté inflexible : « Je vous entends... mais j'entends plus encore que vous vous rendiez à mes arguments ! »

La sagesse populaire prétend depuis toujours qu'« il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». À la lumière de la brûlante actualité, on serait pour le moins fondé à en douter ! Mais peut-être tous ces gens finiront-ils quand même par s'entendre. Sur un... malentendu, sait-on jamais ?


Une manifestante

Une autre manifestante


vendredi 16 novembre 2018

"Pays réel" : quand le porte-parole du gouvernement cite Maurras




"Pays réel" : quand le porte-parole du gouvernement cite Maurras
15/11/2018 (mise à jour 15:32)
Par Chloé Leprince 




Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, confondant Charles Maurras et Marc Bloch, ça fait désordre. Mais derrière l'erreur, se pose la question de la référence au "pays réel", qui est bien maurrassienne, et embarque avec elle une dénonciation raciste, démagogique et antisémite des élites.


Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, était sur France Inter ce mercredi 15 novembre, où il entendait vanter le côté tout-terrain de l’Exécutif. Dans un plaidoyer pro-domo, il racontait par exemple, en début d’interview, comment Emmanuel Macron avait demandé à ses ministres, à l’occasion d’un récent Conseil des ministres, “de se rendre chaque semaine dans les régions”... “mais d’y amener nos directeurs d’administration centrales qui parfois, ont une vision un peu parisienne, un peu jacobine de ce qui se fait en région”.



Le journaliste Nicolas Demorand l’interrompt : “Donc c’est les technocrates qui vont rencontrer le réel ?” Demi-sourire de Benjamin Griveaux, qui semble content de pouvoir faire mouche, et qui répond, d’un air entendu : “C’est le pays légal qui rencontre le pays réel, pour reprendre les propos de Marc Bloch il y a bien longtemps.”


Le “pays réel” par Marc Bloch ? Benjamin Griveaux confond en fait avec Charles Maurras. Les deux hommes furent contemporains, puisqu’une demi-génération à peine les sépare (Bloch, né en 1886, était le plus jeune des deux). En dehors de ça, pas grand-chose en commun entre Maurras, essayiste et homme politique réactionnaire qui compta parmi les piliers de L’Action française, et Bloch, historien fondateur avec Lucien Febvre de l’Ecole des Annales, et qui, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, sera assassiné par la Gestapo le 16 juin 1944.

Les quatre Etats confédérés, pas n'importe quelle classe dirigeante

Bloch n’a évidemment jamais parlé du “pays réel” pour la bonne raison que cette expression porte en elle un paradigme bien précis : l’idée d’une dénonciation des élites, brocardées sur pièces (quand quelqu’un oppose explicitement “pays réel” et “pays légal”) ou en creux. Car c’est la classe dirigeante qui devient le “pays légal” chez Maurras. Mais pas n’importe quelle classe dirigeante : chez Maurras, “le pays réel” désigne ce que l’académicien royaliste et antidreyfusard théorisera comme “les quatre Etats confédérés”.

Ces “quatre Etats confédérés” rassemblent les juifs, les protestants, les franc-maçons et “les métèques”, c’est-à-dire les étrangers, que Maurras appelle comme au temps de la Grèce antique. Dans De la liberté suisse à l’unité française, un texte de 1905 publié en plusieurs épisodes dans La Semaine littéraire en Suisse, puis repris par La Gazette de France, Charles Maurras écrivait par exemple que la décrépitude de l’Etat républicain avait atomisé la nation, livrée à elle-même et à la merci de groupes d’intérêts minoritaires mais surreprésentés dans les fonctions dirigeantes.

Ces minorités ont fini par constituer automatiquement, et sans y avoir grand mérite, les seules organisations distinctes et libres, sur ce territoire livré d'un bout à l'autre au fonctionnariat, même religieux. Le seul contrepoids à leur force provint des Congrégations. Mais celles-ci ne pouvaient pas exister sans révéler quelque puissance, et leur puissance inquiétait naturellement un pouvoir centralisé, de sorte qu'elles ont été soumises à un régime de tribulations périodiques qui leur interdisait de rien fonder. Le rôle des juifs, des protestants, des étrangers fraîchement naturalisés et des organisations maçonniques ressembla donc de plus en plus à un privilège public. Privilège de fait, qui put être ignoré d'un certain nombre de ceux qui en bénéficient ; leurs oligarchies fédérées par un intérêt naturel n'en ont pas moins tout pris : finance, Conseil d'État, universités, magistrature, administration, académies. Ce serait encore peu de chose si la direction des affaires nationales n'était viciée par la prépondérance de ces éléments étrangers excentriques à la nation !

Le grand-père du "lobby juif et franc-maçon"

On retrouve ce texte dans Quand les Français ne s’aimaient pas, un recueil que Maurras fera paraître en 1916, avant une deuxième version, non caviardée par la censure, dix ans plus tard. Quand Maurras théorise ce qui servira au fond de substrat idéologique à l’expression, toujours active aujourd’hui, de “lobby juif et franc-maçon”, Marc Bloch n’a pas vingt ans.

Fils d’un professeur d’histoire normalien originaire de Lyon, Bloch a grandi à Paris où il fait ses études, au lycée Louis-le-Grand puis à l’Ecole Normale supérieure. Il est juif, et s’apprête à partir étudier deux ans en Allemagne, une fois l’agrégation en poche. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, exclu de la fonction publique en 1940 parce qu’il est juif, Bloch s’engagera dans la résistance dans un groupe proche de Jean Moulin. Au même moment, Maurras, décoré de la Francisque, sera souvent décrit en éminence grise et occulte du Maréchal Pétain même si l’un est monarchiste, l’autre républicain - au grand regret de certains négationnistes à l'instar de Robert Aron qui le trouvera “gouvernemental et conformiste”.

"Vrais gens", "France d'en-bas", "pays réel"...

Quand Benjamin Griveaux attribue à Marc Bloch la paternité de l’expression “pays réel”, c’est non seulement une erreur, mais aussi un profond contre-sens historique. L’expression “pays réel” est en effet très située historiquement, mais aussi politiquement. Elle ne désigne pas seulement “la vraie vie” contre ceux que Nicolas Demorand appelle “les technocrates”, comme hier Jean-Pierre Raffarin avait dit “la France d’en-bas” ou comme les médias peuvent encore évoquer régulièrement “les vrais gens”. L’expression “pays réel” est explicitement ancrée sur l’aile la plus droitière de l’échiquier politique. D’ailleurs, en 1936, lorsqu’un certain Hubert d'Ydewalle créera un journal fasciste en Belgique, il l’appellera Le Pays réel (entre 150 000 et 200 000 exemplaires tout de même par numéro, nous apprennent au passage les historiens spécialistes de l’extrême-droite belge).



Mais il y a des exceptions, et à gauche aussi, on a pu trouver quelque écho à l’expression de Maurras, à l’instar de Julien Dray ou de Kader Arfi, conseiller de François Hollande, qui, pas très différemment de Benjamin Griveaux, vantait à l'automne 2016 le déplacement en province de François Hollande comme “une prise de contact avec le pays réel” : "C'est important qu'il sorte un peu du bunker élyséen, qu'il parle depuis un territoire éloigné des grandes métropoles. C'est une prise de contact avec le pays réel, pas le pays des 7e ou 8e arrondissements parisiens."

Jeudi, en début d’après-midi, alors que la boulette de la matinale sur France Inter tournait largement sur les réseaux sociaux, Benjamin Griveaux s’excusait : il était “mal réveillé”.

Pcc Chloé Leprince pour France Culture


vendredi 12 octobre 2018

Découvertes -16-



Découvertes-16- : ce qui a retenu notre attention
la semaine écoulée. Sans commentaires 
ni biographies. Mais en toute
subjectivité, comme à l'usage.

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Le braqueur : – “Les braquages c'est fini, ta mère mérite mieux que ça.”

E.Macron : – “Promis, j'arrête.”





dimanche 7 octobre 2018

Le dimanche etc...



Avertissement :
Une (deux peut-être) image au contenu vulgaire et insupportable s'est glissée malencontreusement dans notre album dominical. Nous le regrettons et vous prions de ne pas trop nous en tenir rigueur.



Sinon,

le dimanche il n'y a toujours pas photo...












       



   


         








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Bienvenue dans le nouveau monde (suite)






«On n’a d’autre choix dans ce monde qu’entre la solitude et la vulgarité.»

Schopenhauer
In Aphorismes
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