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dimanche 6 décembre 2020

Du côté de chez Jean d’Ormesson.

 


Olivier Cadot, du côté de chez Jean d’Ormesson


L’académicien est mort, il y a trois ans. Celui qui fut à son service, mais qui était considéré comme un membre de la famille, raconte les trente-sept ans qu’il a passé auprès de «Monsieur», comme il l’appelait. L’occasion de dresser l’exquise esquisse d’un monde qui n’est pluS

Olivier Cadot, cuisinier et intendant de Jean et Françoise d’Ormesson, mardi à Neuilly. SEBASTIEN SORIANO

«Monsieur était omniprésent. Depuis sa mort, le téléphone, qui sonnait entre 10 et 30 fois par jour, ne sonne plus; il faut dire que Madame a son portable. Il n’y a presque plus de courrier non plus et on ne reçoit presque plus de livres ou très peu.»


Trois ans jour pour jour après la mort de Jean d’Ormesson, Olivier Cadot est inconsolable. Comme tant d’autres. Il fait partie de cette amicale informelle des orphelins de Jean d’Ormesson. De tous ceux, amis proches ou moins proches, écrivains, journalistes et autres, qui venaient régulièrement se réchauffer dans les rayons de ce Roi-Soleil des lettres. Olivier Cadot, qui est resté au service de «Madame», se souvient parfaitement de ce 5 décembre 2017: «C’était un mardi. Le jeudi, il devait voir Jean Rochefort. » Celui qui fut le cuisinier, le maître d’hôtel et plus encore, presque un membre de la famille de Jean d’Ormesson, pense souvent au coup de fil qu’il reçoit ce jour-là de Françoise d’Ormesson, la femme de Jean, «en pleine nuit, à minuit et demi» Il a encore en tête les dernières paroles de son «patron» hors normes. Se remémore ce qu’il lui avait cuisiné ce jour-là. «Monsieur était un peu fatigué mais il avait mangé un risotto aux truffes. Il adorait les risottos, et m’avait appelé sur le téléphone intérieur pour me dire: “Voyez, Olivier, j’ai tout mangé. Grâce à vous, je vais bien.”Ce sont presque les dernières paroles que j’ai eues de lui.»


Il se souvient aussi que, trois heures avant sa mort, «peut-être en avait-il eu le pressentiment?», l’écrivain avait écrit de sa belle écriture, de plus en plus penchée au fil des ans, deux mots de remerciement à l’attention de ses médecins. «Il m’avait fait acheter deux caisses de grands crus et, lorsque je leur ai fait porter après sa mort, je leur ai dit que c’étaient les derniers mots que Monsieur ait écrits.» Olivier Cadot, qui a partagé tant et tant de moments avec Jean d’Ormesson, n’a rien oublié. Il revoit le visage du chef des pompiers, celui de Françoise d’Ormesson, toujours là, droite et vaillante dans les moments difficiles, «une femme exceptionnelle».


Il soupire, ému presque aux larmes de revenir ainsi sur le passé. Et se souvient de cette anecdote presque prémonitoire qui lui est revenue à l’esprit, il y a peu. «En 1994, raconte-t-il, le père de Madame, M. Béghin, est décédé. Nous sommes partis en Suisse pour l’enterrement. À un moment, nous nous sommes arrêtés pour prendre de l’essence. Et après avoir payé, Monsieur m’a lancé, hilare: “Olivier, je suis entré dans la postérité. J’ai signé dans le livre d’or, juste derrière Johnny Hallyday!”.» Ironie du sort, en effet, quelques années plus tard, Johnny Hallyday meurt le même jour que Jean d’Ormesson mais, cette fois, en le précédant de quelques heures: «Monsieur s’est éteint à 1 h 30, Johnny à 22 h 30.»



Cela fait près de quarante ans qu’Olivier Cadot travaille dans son autre « maison ». Quarante ans, dont trente-sept ans au service de Madame et Monsieur, Jean et Françoise d’Ormesson. Un couple, une famille dont la vie s’est intimement mêlée à la sienne. À celle de sa propre famille aussi. Les souvenirs se bousculent. Ces journées de ski avec Jean d’Ormesson, en Suisse, au lac Noir. «Je me souviens particulièrement d’une fois. Il faisait très beau et lui qui skiait très bien me disait sans cesse: “Allez, on en fait une dernière Olivier! Une dernière.” Moi je regardais ma montre, je me disais qu’il était temps que je rentre. Il était comme un enfant.» Tous ces Noël partagés, aussi avec toujours un cadeau à son attention. «L’un des plus beaux cadeaux que Madame m’ait fait - cela m’a un peu secoué, je me suis mis à pleurer et elle aussi -, c’est lorsqu’elle m’a offert, il y a trois ans, la ceinture qu’elle avait achetée pour Monsieur. Je la porte toujours.»


Olivier Cadot a reçu bien d’autres présents, et notamment un week-end dans un Relais & Châteaux que l’académicien a offert à sa femme et à lui, pour fêter les vingt-cinq ans qu’il avait passé avec lui. Il a également accompagné Manuel Carcassonne, ancien compagnon d’Héloïse, la fille de Jean et Françoise d’Ormesson, pour déclarer la naissance de leur enfant, Marie Sara, à la mairie. «Il était un peu à l’ouest et la dame chargée d’enregistrer nous a demandé: mais qui est le père?» Olivier Cadot était là aussi, à Venise, avec la famille, pour disperser les cendres de «Monsieur» dans la lagune, face à la Douane de mer. «J’avais emporté avec moi 8 crayons à papier. Je les ai distribués à chacun et on a tous jeté un crayon à la mer. C’étaient des crayons qu’il avait utilisés. Il en restait un et, avec Marie Sara, on l’a caché quelque part à Venise et il n’y a qu’elle et moi qui savons où il est caché.»


Olivier Cadot a donc connu de près le grand homme, avec, comme tout un chacun, ses faiblesses et ses failles. Ses petits secrets et ses dérobades. Ses élans de générosité et son égoïsme souriant. Ceux qui ont eu la chance de venir déjeuner chez l’académicien, à Neuilly ou de le voir en Corse ou en Suisse, se souviennent de sa présence discrète et silencieusement goguenarde, de ses regards complices. De ses jus de carottes (avec fenouil, pomme granny smith, jus de citron et gingembre) ou de tomates (avec un peu de sauce Worcester et de tabasco), faits maison, servis en apéritif, car «Monsieur ne prenait jamais une goutte de vin ou d’alcool», mais aussi de ses plats mitonnés avec amour en fonction des préférences culinaires de l’académicien gourmand. Car, un peu comme le président de la République qu’il incarnait au cinéma dans Les Saveurs du Palais , l’académicien était, en effet, amateur de bonne chère.



Et il avait ses préférences. «Il était capable de reprendre trois fois du cassoulet. Quand M.Mohrt venait, il voulait des côtes d’agneau champvallon, un plat campagnard cuit dans un bouillon pendant deux heures au four, avec des pommes de terre et des oignons. Monsieur adorait ce genre de plats qui tient au corps. De même que tous les abats, rognons, cervelle. Et il préférait presque toujours un très bon fruit à un dessert.»


Olivier Cadot a vu défiler les convives les plus divers, à déjeuner ou dîner. Il se souvient, des étoiles dans les yeux, des tables réunissant Régis Debray, Jean Tulard, Jacques Julliard, Pierre Nora et Bernard Pivot ; de la venue de Julie Andrieu, Jean-Marie Rouart, Marc Lambron ou Claude Lanzmann «qui arrivait toujours en retard et amusait beaucoup Monsieur». «Je peux vous dire que, quand vous assistez à ce genre de déjeuners, c’est une vraie chance. Ou la, c’était de haute volée! De même lorsqu’il était seul avec Michel Déon ou Michel Mohrt.» Le majordome se rappelle également de Jean-Luc Mélenchon, venu, une fois, avec Mme Carrère d’Encausse: «Ce n’était pas triste. Quand il est arrivé, il a tendu une bouteille de beaujolais et a dit “voici ce que nous buvons, nous gens du peuple!”. »


Avec le temps, les fonctions d’Olivier Cadot se sont élargies. Il a de plus en plus déchargé Jean et Françoise d’Ormesson de toutes les tâches d’intendance. Une nécessité impérieuse pour l’auteur de La Gloire de l’Empire qui, élevé à Saint-Fargeau puis dans des ambassades, était incapable de se débrouiller dans une maison ou de se faire cuire un œuf, voire de réchauffer un potage. «Il ne savait pas ni comment on était chauffés, ni où était la cave à vins. Il ne savait rien du tout. Une année, en Suisse, il était entré dans la cuisine pour allumer son cigare et s’était écrié: “Vous n’avez pas le gaz, mais comment faites-vous la cuisine?” Il n’achetait pas un timbre, ni ses cartes de stationnement.»





Étonnamment, pourtant, quand il est arrivé en 1980, les choses n’avaient pas très bien commencé. La première fois qu’il a mis les pieds chez Françoise et Jean d’Ormesson, villa Saint-James, dans ce hameau de verdure où se situe leur hôtel particulier, il s’est dit que cela n’allait «pas durer longtemps». «Au bout d’un mois, pourtant, Madame m’a lancé: “On vous garde, est-ce que vous restez?” Je lui ai répondu: “Oui Madame”.» C’était en 1980. «À l’époque, Monsieur déjeunait dehors. Il lui arrivait même de faire deux déjeuners. Il sortait énormément, le soir aussi. Et puis, cela me faisait rire, parfois Monsieur et Madame partaient “pour le week-end”, c’est-à-dire du jeudi au mardi!»


Il m’a offert mon premier cigare. Il m’a appris le savoir-vivre, à apprécier la vie mais aussi la bienséance


Olivier Cadot avait pourtant l’habitude des «maisons bourgeoises». Après avoir été apprenti pâtissier chez Chaton, vénérable institution du 16e arrondissement de Paris, il avait été engagé chez les Van Huilant, avenue Foch, pour son savoir-faire dans la fabrication des pièces d’apparat en sucre. Un autre monde, notamment quand il se rendait dans leur château aux Pays-Bas. « Il y avait 22 maîtres d’hôtel et femmes de chambre, nous étions six en cuisine. Il y avait une coiffeuse, une fleuriste, des majordomes en livrée avec des gants blancs. Les chauffeurs qui sonnaient un coup quand ils passaient le premier pont-levis, pour que les maîtres d’hôtel soient là pour ouvrir les portières des invités. Ça, ça n’existe plus.» Il voit défiler là-bas tout le Gotha: Marie-Hélène de Rothschild, Guy de Rothschild, Maurice Rheims, les Agnelli, qu’il retrouvera ensuite chez Jean et Françoise d’Ormesson, où les règles sont moins strictes cependant. Pas question, par exemple, d’appeler Jean d’Ormesson «monsieur le comte»: «Il avait horreur de cela.»


On l’interroge: finalement que retiendra-t-il de l’académicien? La réponse fuse. «Énormément de choses. Il m’a offert mon premier cigare. Il m’a appris le savoir-vivre, à apprécier la vie mais aussi la bienséance. À ne pas passer la porte devant une dame.» «Et puis, ajoute-t-il, son érudition. Il était impressionnant. Souvent, lors des dîners, il n’y a que lui qui parlait. Tout le monde était scotché. Et aussi, même en espadrilles et pieds nus, il avait de l’allure.» En trente-sept ans de vie commune, ces deux-là ne se sont accrochés qu’une fois, en Suisse. «Il m’a passé un savon comme jamais. “Puisque c’est comme ça, demain quand vous descendrez, votre petit déjeuner sera prêt, mais je ne serai plus là”, lui ai-je dit. Une demi-heure plus tard, il était revenu: “Excusez-moi, n’en parlons plus. On s’embrasse”.»


Trois ans après, Olivier Cadot ne se remet toujours pas de la disparition de l’académicien. «Je n’ai jamais autant pleuré que quand il est parti. J’ai vu des choses que je ne dirai jamais, entendu des choses que je suis le seul à avoir entendu et que je ne dirai pas, même à ma femme.» Olivier Cadot n’a pas la froide apparence du majordome des Vestiges du jour, interprété par Anthony Hopkins. Mais, à sa façon, il est de la même trempe. Fidèle un jour, fidèle toujours.


Pcc Anne Fulda

mercredi 5 décembre 2018

D'Ormesson. "Monsieur"








"Monsieur", un film sur l'écrivain Jean d'Ormesson qui sortira mercredi, un an exactement après sa mort, le montre dans ses dernières années, noueux et énergique, nostalgique et reconnaissant pour les plaisirs, et pourtant pas si apaisé que cela.


Comme le laissent transparaître plusieurs proches dans le film, il était sans doute plus grave qu'il ne voulait le paraître. Et le devoir était dans sa vie plus important qu'il ne le reconnaissait. "J'ai été divisé entre le devoir et le plaisir", admet-il.
Derrière ses yeux pétillants se cache une réalité plus sombre : la vie qui s'écourte et l'impuissance d'un homme qui aime trop la vie face à sa propre finitude.  
                

On est frappé par des gros plans sur ses mains de vieillard, anguleuses, aux veines apparentes, torturées. Son visage aussi, rugueux, raviné.


Un entretien avec Emmanuel Macron, quand ce dernier était encore ministre, les fait discuter de leurs projets et du clivage gauche-droite qu'ils récusent chacun à leur manière. "Je n'ai jamais aimé les salles faciles", lâche celui qui, devenu président, va faire face à de nombreuses frondes.
Il y a aussi deux moments d'émotion, avec des larmes: lors des obsèques en 2017 de Michel Déon à Saint-Germain-des-Près, où il dit que la mort n'est pas une fin, et lorsqu'il évoque une lettre de son père, très admiré, qui refuse un cadeau d'un ami allemand très aimé, parce que c'est en pleine Occupation, et qu'il ne l'acceptera que quand la guerre sera finie. Dans sa famille aristocratique, dit-il, "on a choisi plutôt Staline qu'Hitler".


Un florilège de phrases typiques de l'écrivain prolixe jalonne (jalonnent?) le film: "Il a fallu que je me libère de la tendresse de mes parents"; "A vingt ans, je ne baisais pas mais je travaillais"; "L'amour est trompé, fugitif ou coupable", "L'ascèse en général m'est assez étrangère" (il fond en rire), "J'ai passé à tort pour l'écrivain du bonheur", ou encore : "Je n'ai pas peur. J'ai peur de Dieu peut-être, et c'est tout".


"Monsieur", un film sur l'écrivain Jean d'Ormesson qui sort ce 5 décembre, un an exactement après sa mort, et le montre dans ses dernières années, noueux et énergique, nostalgique et reconnaissant pour les plaisirs, et pourtant pas si apaisé que cela...

L'affiche du film





mercredi 20 juin 2018

D'Ormesson. Le train de ma vie




Le train de ma vie



A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.

On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.

Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.

Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.

Beaucoup démissionneront (même éventuellement l'amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.

D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas qu'ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d'au-revoirs et d’adieux.

Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes.

On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.

Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d'être un des passagers de mon train.

Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec vous.

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je la remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.



vendredi 25 mai 2018

Pierre Louÿs. Oui, des lèvres aussi...





Oui, des lèvres aussi... 



Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses
Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor
Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent pliés sous la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives
La volupté du sang, la vapeur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser.

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines
Balancez vers mon cœur sans jamais l'apaiser
L'encens mystérieux des senteurs féminines.


Pierre Louÿs
In Le crépuscule des Nymphes
1925


Oui, bien sûr, de Pierre-Félix Louis, dit Pierre Louÿs, tout le monde sait deux ou trois choses. Qu'il était lié, dès sa jeunesse, avec Gide et Valéry, pour la gloire de qui il fit beaucoup et qui ne firent, en revanche, presque rien pour la sienne. Que Henri de Régnier et lui étaient tous les deux amoureux de Marie, la fille de José Maria de Heredia, et qu'un pacte unissait les deux garçons : aucun des deux ne se déclarerait sans avoir prévenu l'autre. Profitant d'une absence de Pierre Louÿs, Henri de Régnier demanda et obtint la main de Marie de Heredia, persuadée que Pierre Louÿs ne s'intéressait plus à elle. Mais, le lendemain de ses noces avec Régnier, Marie, détrompée, se donna à Louÿs. Tigre de Régnier sera le fils de Pierre Louÿs et de Marie de Heredia. Ce que nous savons tous aussi, c'est que Louÿs aimait les femmes à la folie.
Pierre Louÿs est l'auteur de quelques chefs-d'oeuvre mineurs où il chante le corps des jeunes filles : Les chansons de Bilitis, poèmes en prose, ou Aphrodite, roman de "moeurs antiques", et de plusieurs récits savoureux : La femme et le pantin ou Les aventures du roi Pausole, conte philosophique à la manière du XVIIIe siècle. Mais l'essentiel de son oeuvre est sans doute ailleurs. Et il était plus ou moins occulté jusqu'à aujourd'hui.  Pcc. ©Jean d'Ormesson



Marie de Régnier chez et par Pierre Louÿs vers 1897






Marie de Régnier par Pierre Louÿs
Du grand art, propre à indigner les imbéciles, mais les imbéciles ne lisent pas Pierre Louÿs.




vendredi 12 janvier 2018

Jean d'Ormesson. Et moi, je vis toujours








Et moi, je vis toujours
 de Jean d'Ormesson mort le 5 décembre 2017, est sorti jeudi 11 janvier en librairie. Ce livre "est une fête en larmes", a déclaré sur franceinfo jeudi Héloïse d’Ormesson, fondatrice des Editions Héloïse d’Ormesson et fille de l'écrivain. Elle a aussi indiqué qu'il y aura "probablement" un autre livre de son père "à la fin de l'année".





franceinfo : Est-ce difficile d'éditer le roman posthume de son père ?
Héloïse d’Ormesson : C'est particulier, évidemment, l'intensité est démultipliée, mais c'est la même chose pour tous ses lecteurs. C'est extraordinaire ! C'est tout à fait à son image. C'est un cadeau qu'il nous fait. On a vraiment l'impression qu'il nous écrit d'ailleurs. Avec ce titre absolument étonnant qui, quand on lit le livre, a une double entente. C'est le clin d'œil de Jean d'Ormesson. Ça lui ressemble tellement ! Encore aujourd'hui, il y a une surprise. Ce livre est une fête en larmes.
Est-ce lui qui a choisi le titre ?
C'est tout à fait lui. Il a hésité sur le titre. Il envisageait d'appeler ce livre "Histoire", parce que c'est le sujet du livre. C'est un personnage qui tour à tour est empereur, fauconnier, courtisane, homme, femme, puissant, modeste, mais qui parcourt toute l'histoire de l'humanité. Il hésitait avec "Et moi, je vis toujours" qui est un extrait du Juif errant. Pour mieux comprendre le titre, à l'époque où il l'a choisi, il faut relire cet extrait de la balade : "Oui, c'est moi, mes enfants, Qui suis le Juif errant, Chacun meurt à son tour, Et moi, je vis toujours !" C'était dans ce sens-là qu'il avait choisi ce titre, mais moi je ne peux pas croire qu'il ne se disait pas quelque part que, peut-être, on pourrait l'entendre avec un double sens.
Jean d'Ormesson écrit : "Tout passe, tout finit, tout disparaît, et moi qui m'imaginais devoir vivre toujours qu'est-ce que je deviens ? Il n'est pas impossible que je sois une espèce de cheval fou, sans dieu, ni maître, livré aux caprices du hasard et qui galope vers je ne sais quoi. Disons les choses d'un mot, il n'est pas impossible que je n'ai pas le moindre sens." Qu'en pensez-vous ?
C'est tout lui ! A la fois, il vous embarque dans cette extraordinaire promenade où il parle de l'immense de l'Histoire et du minuscule, où il parle d'empereur et de personnages modestes. Et puis, il y a sa voix, sa malice, son sourire qui frise à travers tout le livre.
Pouvez-vous nous dire à quoi ont ressemblé ses derniers jours ?
Il est resté intact, lui-même, toujours avec cette érudition souriante, cette extraordinaire jubilation intellectuelle, cet humour qui ne le quittait jamais et ce sourire. Sourire à la vie, c'est une forme de courtoisie. Je pense que ce livre réconciliera, comme tous les autres, les lecteurs avec la vie parce que c'est une célébration de la vie et, bien sûr, de l'Histoire.
Vous imaginiez que sa mort allait provoquer une telle émotion ?
Non, c'est inimaginable, mais je crois que chacun à son Jean d'Ormesson. Il y a beaucoup de gens qui l'adorent, qui savent que c'est un écrivain, mais qui ne l'avaient jamais lu. Il avait vécu un siècle, avait une culture du XVIIIe, mais qui était complètement adaptée à l'époque contemporaine. Une érudition complétement accessible. Non, je n'aurais pas anticipé une telle liesse populaire. Finalement, il n'y a pas eu de tristesse, il y a eu beaucoup d'émotion, mais les hommages n'étaient jamais tristes et il n'aurait pas souhaité que ce soit triste.
Est-ce qu'il y aura un autre livre ?
Oui, probablement à la fin de l'année.

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extrait


"Depuis le temps que nous nous connaissons, vous l'aurez remarqué plus d'une fois : plus souvent que la duchesse de Guermantes, plus souvent que la Sanseverina ou mon amie Nane chère à Toulet, plus souvent que toutes nos héroïnes de roman, j'ai beaucoup changé de vêtements. J'ai porté la tunique, la toge, la cuirasse, le voile, le pourpoint, les hauts-de-chausse, le frac, le froc, le complet veston, la dentelle, la mousseline, la jaquette, le corset, la cotte, la cotte d'armes ou de mailles, la salopette, le heaume, le haubert, le vertugadin, le jean, la crinoline, la soutane. Je me mettais à enfiler la blouse du médecin, de l'infirmière, de la pharmacienne, du laborantin, du technicien. Longtemps traitée par l'indifférence, par le stoïcisme, par le mépris, la santé devient une de vos préoccupations majeures, la clé et le but de la politique et de la science. Les précurseurs, les fondateurs, il était encore possible de les distinguer. Impossible de suivre la médecine et la science dans leurs aventures sans fin et dans leur développement. Elles m'envahissent tout entière. Elles se confondent avec moi comme je m'étais confondue jadis avec les conquérants, les peintres ou les poètes. Vous savez ce que je fais, ce que je n'ai cessé de faire ? Je change. Comme l'univers, la vie, le temps, je change et je reste la même. Je suis toujours là, et vous ne me reconnaissez pas."











vendredi 15 décembre 2017

Macron. Mais qui donc est cette Mireille ?





Un compatriote signale une bourde qu'aurait commise le président lors de son discours d'adieu à Jean d'Ormesson... sans que personne, apparemment, crût bon de la relever dans les médias. Il a en effet attribué la formule « Tous tes amis sont là » (1) à une certaine Mireille que le bataillon ne connaît point. C'est en réalité Eugénie Krantz, ancienne artiste de music-hall et ultime maîtresse du poète, qui a lancé ce cri resté célèbre au point d'être régulièrement pillé depuis lors.

On se gardera bien, en l'occurrence, de jeter la pierre à madame Macron, laquelle, en sa qualité d'ancienne prof de lettres, eût dû mettre au parfum un époux par trop occupé à encenser le disparu.

On peut en revanche complimenter sans réserve aucune le lanceur d'alerte, monsieur Guy Fontaine, bien connu pour avoir, entre autres choses, été à l'origine de la Villa Marguerite-Yourcenar (2), résidence pour écrivains européens sise sur les pentes du mont Noir.




À quelle Mireille pensait donc le président Macron ? À celle du Petit Conservatoire de la chanson ? À Mireille Darc, disparue il y a peu ? À force de fréquenter le « showbiz », il est inévitable que l'on finisse par s'emmêler un brin les pinceaux...



C'est Jean d'O qui a dû se marrer dans son cercueil et regretter amèrement de n'en pouvoir faire un billet dans son cher Figarôôô ! Nous nous serions régalés.




(1) formule adressée, comme on le sait, à Paul Verlaine à l'occasion de ses funérailles;

(2) La villa Marguerite-Yourcenar ou villa du Mont-Noir est un manoir de style néo-normand, construit dans les années 1930 sur le domaine de l'ancien château de Crayencour, détruit durant la Première Guerre mondiale. Propriété de sa famille depuis sa construction en 1824, la romancière et académicienne Marguerite Yourcenar vécut dans ce château les neuf premières années de sa vie, de 1903 à 1912.

La villa est située dans un parc départemental de quarante hectares, sur le Mont-Noir (monts des Flandres) à Saint-Jans-Cappel, en Flandre française. En 1997, elle est aménagée en « centre de résidence d’écrivains européens ». Labellisée Maisons des Illustres, son parc est classé espace naturel sensible. Elle est reliée au musée Marguerite-Yourcenar.




samedi 9 décembre 2017

Jean d'O.


Durant un demi-siècle, il a posé sur le monde un regard passionné, défendant des idées avec brio et élégance, cherchant toujours à comprendre avant de juger, et célébrant inlassablement une civilisation dont il était le brillant héritier. Jean d’Ormesson ou l’esprit français.



Il y a deux sortes d’écrivains, ceux qu’on lit et ceux qu’on regarde comme un spectacle permanent.
Nous eûmes le privilège de beaucoup observer Jean d’O dans notre télé, durant ce demi-siècle passé. Il était l’invité préféré des plateaux et des émissions littéraires. Sacha Distel des bibliothèques, chouchou des librairies, cet inlassable VRP du Quai Conti promenait son regard bleu azur sur la laideur des temps incertains. En avance sur son époque, cet aristocrate des lettres avait compris, dès les années 1960, que la lecture pour tous passerait par le poste. Sans l’aura de cette satanée boîte noire, l’écrivain moderne irait droit en enfer.

Une élégance jamais prise en défaut

Il arrivait toujours frais et poli, une citation de Chateaubriand au revers de son veston, le verbe léger qui faisait oublier tout le reste et cette voix qui sifflait comme le vent s’engouffrant sur le Cap Gris-nez. Pivot était aux anges. Les téléspectatrices en pâmoison.Et nous autres pris dans son piège des mots tendres et des poses lascives. Au prétexte de faire lustrer les œuvres de Stendhal ou Proust, il réussissait l’exploit de ne parler que de lui.Orfèvre des médias, tacticien hors-pair, florentin jusque dans ses souliers en veau velours, nous nous délections de ce don inné pour la répartie aérienne, un art divin de la conservation et une élégance jamais prise en défaut, en soixante ans de carrière. Un exploit à méditer car tant de vaniteux finissent fatalement par sombrer.

Il écrivait à guichets fermés
Il semblait immunisé contre les blessures d’égo et les éternelles luttes de pouvoir. Trop fin et probablement trop désespéré pour en souffrir vraiment, Jean d’O était au-dessus des parties. Hors-sol, il ne s’appartenait plus. Ecrivain préféré des gens de gauche et de droite, des animatrices et des institutrices, il avait fait de Gallimard son Stade de France. Il écrivait à guichets fermés.
Il était arrivé à un tel point de notoriété que ses livres n’étaient plus lus, mais achetés frénétiquement, le rêve de toutes les professions aventureuses. Miracle, Saint Jean d’O vengeait, à sa façon, tous les auteurs en mal de reconnaissance. Au terme d’une existence remplie d’honneurs, il avait tout accumulé sur son passage, direction du Figaro, immortalité des bords de Seine et ventes à six chiffres, le grand public continuait à le vénérer.
Il mettait de la distance, de l’intelligence, de l’apesanteur sur les malheurs du moment. Et surtout il incarnait le bon goût dans une société exténuée. 

Les derniers mots au feutre bleu de Jean d’Ormesson ... fin de son manuscrit « un Hosanna sans fin » (mis en ligne hier soir par François Busnel après la Grande Librairie)
C'est ainsi que se terminera le dernier ouvrage de Jean d'Ormesson qui devait s'intituler  Un hosanna sans fin et qui sera publié après Et moi je vis toujours, prochainement (en février?) dans les rayons des librairies.




jeudi 21 avril 2016

Jean d'O. Extrait







« La science et la technique ont pris le pas sur la nature, sur le pouvoir, sur la poésie, sur la philosophie et sur la religion. Voilà le coeur de l'affaire. Elles ont bouleversé notre vie.
Ça commence avec la ronde des saisons et du jour et de la nuit. Avec la terreur devant le soir qui tombe, devant la foudre et le tonnerre, devant les éclipses. Ça continue avec l'observation de la marche du soleil et de la lune, avec le refus de la magie, avec les balbutiements de la raison. Ça se poursuit avec d'énormes machineries, avec des sphères de cristal qui glissent les unes sur les autres dans le ciel, avec des anges mécaniciens, avec des systèmes de l'univers. Et puis la gravitation, l'évolution, la relativité, l'expansion, le big bang là haut et ses milliards d'années, l'incertitude quantique tout en bas. Ça finit par des puces. Ce qui a changé, ce sont les puces : elles règnent sur notre avenir.


Très vite, l'immensité se contracte, s'apprivoise, devient mobile et nomade, descend dans la rue, pénètre dans les foyers. Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ? Des puces. Des voitures partout, des avions dans le ciel, des portables aussi nombreux ou plus que les êtres humains, des ordinateurs et la Toile. Des mécanismes minuscules, des filaments, des pointes d'épingles ont remplacé les mystères, les esprits cachés un peu partout et les dieux. Le pouvoir et l'argent s'installent sur Internet. Le portable entre nos mains prend la place du chapelet. Facebook est une communion sans Dieu, mêlée de confession. L'univers sans bornes est tombé sous votre coupe. L'infiniment grand et son jumeau, l'infiniment petit, viennent manger dans votre main.



..."Le portable entre nos mains prend la place du chapelet"...


Bientôt, semées sous votre peau, les puces feront partie de votre corps. Vous serez votre propre robot. Un autre monde est déjà au travail. Tout ce que la science est capable de faire, elle le fera. Un rêve de puissance nous emporte. La physique mathématique et la biologie moléculaire sont la poésie d'aujourd'hui. Ce sont elles qui traduisent et qui façonnent le monde et elles soulèvent chez les jeunes gens l'enthousiasme qui venait hier des poètes. »


Jean d'Ormesson
in Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, 2016




dimanche 24 janvier 2016

Jean d'Ormesson. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. (dernier vers du poème d'Aragon "Que la vie en vaut la peine")




Pour se défendre dans un procès qu’il s’intente à lui-même, J. d'O. fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l’âge d’or d’un classicisme qui règne sur l’Europe à l’effondrement de ce «monde d’hier» si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon. 

Mais les charmes d’une vie et les tourbillons de l’histoire ne suffisent pas à l’accusé : 


«Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais me contenter de vous débiter des souvenirs d’enfance et de jeunesse? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu’on appelle des Mémoires.» 



Les aventures d’un écrivain qui a aimé le bonheur et le plaisir en dépit de tant de malheurs cèdent peu à peu la place à un regard plus grave sur le drame qui ne cesse jamais de se jouer entre le temps et l’éternité, et qui nous emportera.





Pour lire des extraits sur Google Livres, on cliquera ici


Mais revenons un instant au poème d'Aragon Que la vie en vaut la peine


C'est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie

La nuit immense et noire aux déchirures blondes.



Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix.

D'autres qui referont comme moi le voyage
D'autres qui souriront d'un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages.

II y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
II y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant.

C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre.

Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine                       
Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement.

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté
Cet impossible choix d'être et d'avoir été
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.

Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie
Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard
L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part
Porté comme un enfant volé toute ma vie.

Malgré la méchanceté des gens et les rires
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
Qu'on vous oppose pour vous faire une prison
De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre.

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font.

Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche
L'entourage prêt à tout croire à donner tort
Indifférent à cette chose qui vous mord
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.

La cruauté générale et les saloperies
Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école
Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles
Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri.

Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait
De toute sa croyance imbécile à l'azur.

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

Louis ARAGON 
Les yeux et la mémoire – Chant II – 1954 -


Ainsi notre cher comte Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d'Ormesson, fils d'ambassadeur, est-il né en 1925 à Paris. Normalien et agrégé de philosophie, il est l'auteur de trente-cinq livres dont La Gloire de l'Empire, son premier grand succès, Au plaisir de Dieu, Histoire du Juif errant, La Douane de mer ou encore La Conversation, récemment adapté au théâtre. 

Il a de facto emprunté trois vers majeurs du poème d'Aragon, les deux premiers :

C'est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit

et le dernier:

    Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

pour titrer ses trois derniers livres. On reconnaitra- là un choix judicieux.



***
Anecdote:


Valls chez Ruquier : d'Ormesson pensait que l'invité était "l'ambassadeur du Népal"!

Manuel Valls et Jean d'Ormesson étaient tous les deux invités d'"On n'est pas couché" samedi. Mais l'écrivain ne pensait pas y rencontrer le Premier ministre.

"Non seulement je suis abruti, mais je suis sourd !" C'est avec amusement que Jean d'Ormesson a raconté une anecdote à propos des invités de l'émission "On n'est pas couché", diffusée samedi soir, 16 janvier 2016. L'écrivain a profité d'être invité dans "Il n'y en a pas deux comme elle" mardi, une émission de la radio Europe 1, pour faire sa confidence. Lorsqu'on lui a annoncé les autres invités qui l'accompagneraient sur le plateau d'"On n'est pas couché", l'académicien a compris que c'était l'ambassadeur du Népal qui était invité au lieu de... Manuel Valls. C'est l'éditeur de l'écrivain qui a soulevé le quiproquo plus tard.