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dimanche 18 avril 2021

Louise Glück

 


L'Aubépine






Côte à côte, pas

main dans la main : je vous observe

vous promener dans le jardin d'été – les choses

qui ne peuvent se mouvoir

apprennent à voir ; je n'ai pas besoin

de vous chasser à travers

le jardin ; les êtres humains laissent

des traces de sentiments

partout, fleurs

éparpillées sur un chemin de terre, toutes

blanches et dorées, certaines d'entre elles

à peine soulevées par

le vent du soir ; je n'ai pas besoin

de vous suivre là où vous êtes à présent,

dans les profondeurs du champ empoisonné, pour connaître

la cause de votre fuite, passion

humaine ou rage : pour quoi d'autre

laisseriez-vous tomber

tout ce que vous avez réuni ? 


Louise Glück

in  L'Iris sauvage

traduction de Marie Olivier.








La poète juive américaine Louise Glück a remporté le prix Nobel de Littérature 2020.


Elle est couronnée « pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle », a annoncé l’Académie suédoise en décernant le prix.


Elle est née à New York d’une famille juive hongroise.  Elle est une figure essentielle dans le paysage de la poésie américaine contemporaine de ces quarante dernières années. Autrice de Firstborn, (1968) de Descending Figure (1980), elle a déjà remporté le prix Pulitzer pour The Wild Iris en 1993, et le National Book Award pour Faithful and Virtuous Night en 2014.


En 2014, elle est considérée comme “l’une des proéminentes poètes de la littérature contemporaine américaine”, souffle le comité.


Gallimard va publier  deux premiers recueils de la poétesse américaine et prévoit d'en éditer d'autres par la suite, a annoncé la maison d'édition.


L’Iris sauvage et Nuit de foi et de vertu seront édités dans la collection "Du Monde entier" de la maison. En français, la traduction de cette poétesse était restée jusqu'ici confidentielle, et se limitait à des revues spécialisées. 


Louise Glück a publié douze recueils de poèmes et deux essais. Elle enseigne à l’université de Yale et a reçu de nombreux prix prestigieux aux Etats-Unis. 


"Dans L’Iris sauvage, Louise Glück exprime la beauté tragique de toute vie, le temps d’une floraison. Ce recueil polyphonique d’une originalité incomparable, à la composition parfaite, a été récompensé du prix Pulitzer de poésie à sa parution en 1992 et a marqué un tournant décisif dans l’œuvre de Louise Glück", a souligné Gallimard.


Dans son recueil le plus récent, Nuit de foi et de vertu, paru aux Etats-Unis en 2014 et récompensé par le National Book Award, "Louise Glück est parvenue à restituer à l’expérience humaine tout son mystère en utilisant les ressources de la narration, détournées au profit de sa poésie".






vendredi 9 octobre 2020

Louise Glück.La poète américaine remporte le prix Nobel de Littérature 2020

 



L'Américaine Louise Glück est née, d'une famille juive-hongroise, un 22 avril en 1943 à New York et vit actuellement à Cambridge, (Massachusetts). À l'âge de 25 ans, elle publie son premier recueil de poèmes, Firstborn, suivi en 1975 de son deuxième livre The House on Marshland.


L'auteur est uniquement traduite en revue en France. Son recueil le plus connu est The Wild Iris (1992), L'Iris sauvage, dans lequel, note l'Académie «elle décrit le retour miraculeux de la vie après l'hiver dans son poème Snowdrops». Un an plus tard, elle reçoit le prix Pulitzer pour ce même ouvrage. En 2006, elle publie Averno, une interprétation visionnaire du mythe de la descente de Persephone aux Enfers. En 2014, elle reçoit le National Book Award pour Faithful and Virtuous Night après que le prix lui a échappé à trois reprises. Elle a publié douze recueils de poèmes et des essais sur la poésie.





Au bout de ma douleur

 

Au bout de ma douleur


il y avait une porte.


Écoute-moi bien : ce que tu appelles la mort,


je m'en souviens.


En haut, des bruits, le bruissement des branches de pin.


Puis plus rien. Le soleil pâle


vacilla sur la surface sèche.


C'est une chose terrible que de survivre


comme conscience


enterrée dans la terre sombre.


Puis ce fut terminé : ce que tu crains, être


une âme et incapable


de parler prenant brutalement fin, la terre raide


pliant un peu. Et ce que je crus être


des oiseaux sautillant dans les petits arbustes.


Toi qui ne te souviens pas


du passage depuis l'autre monde


je te dis que je pouvais de nouveau parler : tout ce qui


revient de l'oubli revient


pour trouver une voix :


du centre de ma vie surgit


une grande fontaine, ombres


bleu foncé sur eau marine azurée.