dimanche 4 août 2019

Charles Cros. A grand-papa






Léonor FINI
Leçon d'oaristys



A grand-papa

Il faut écouter, amis,
La parole des ancêtres.
- Ne soyons jamais soumis !
Mais, d'où viennent tous les êtres ?

Donc pour cela, puis-je oser,
A travers l'imaginaire,
Vous envoyer un baiser
De tout mon coeur, mon grand-père ?

Vous faisiez des vers très doux
D'après le doux Théocrite,
 L'Oarystis ! C'est de vous
Qu'en faisant ces vers, j'hérite



Charles Cros
in Le Collier de griffes
Posthume, 1908






 OarystisIdylle, entretien tendre. 

On trouve ce superbe mot chez Cros bien sûr, chez Nerval, chez Rimbaud, chez Chénier etc. :

Ah! les oaristys! les premières maîtresses! 
L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs, 
Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et chers, 
La spontanéité craintive des caresses
(Verlainein Poèmes saturniens, 1866).
--
Notre vie commune commençait de si bien s'arranger (...). Quand, par la suite, je racontai notre oaristys à Albert, je fus naïvement surpris de le voir, lui que je croyais d'esprit très libre, s'indigner d'un partage qui nous paraissait, à Paul et à moi, naturel.
(Gidein Si le grain ne meurt, 1924).



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