Van Gogh
Les Blés Jaunes
Le Spleen de Paris est un recueil de poèmes en prose paru deux années après la mort de CharlesBaudelaire, en 1869, par Charles Asselineau et Théodore de Banville, hommes de lettres et critiques d'art français. L'oeuvre est publiée dans le quatrième volume d'une édition définitive de l'ensemble des oeuvres et critiques d'art du poète. Ce recueil est composé de 50 poèmes en prose, ce qui explique le sous-titre de l'oeuvre: Petits Poèmes en prose.
Tout en s'intéressant à la modernité de l'univers urbain, Charles Baudelaire propose dans ce recueil des oeuvres innovantes, ne s'attachant pas à la forme traditionnelle poétique.
Le poète se consacra à ce recueil les 17 dernières années de sa vie.
Tout en s'intéressant à la modernité de l'univers urbain, Charles Baudelaire propose dans ce recueil des oeuvres innovantes, ne s'attachant pas à la forme traditionnelle poétique.
Le poète se consacra à ce recueil les 17 dernières années de sa vie.
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L’Horloge
Les Chinois voient l’heure dans l’œil des chats.[voir note]
Un jour un missionnaire, se promenant dans la banlieue de Nankin, s’aperçut qu’il avait oublié sa montre, et demanda à un petit garçon quelle heure il était.
Le gamin du céleste Empire hésita d’abord ; puis, se ravisant, il répondit : « Je vais vous le dire ». Peu d’instants après, il reparut, tenant dans ses bras un fort gros chat, et le regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux, il affirma sans hésiter : « Il n’est pas encore tout à fait midi. » Ce qui était vrai.
Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l’honneur de son sexe, l’orgueil de mon cœur et le parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l’ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l’heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l’espace, sans divisions de minutes ni de secondes, — une heure immobile qui n’est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d’œil.
..."— une heure immobile qui n’est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d’œil."...
Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque Génie malhonnête et intolérant, quelque Démon du contre-temps venait me dire : « Que regardes-tu là avec tant de soin ? Que cherches-tu dans les yeux de cet être ? Y vois-tu l’heure, mortel prodigue et fainéant ? » je répondrais sans hésiter : « Oui, je vois l’heure ; il est l’Éternité ! »
..."« Oui, je vois l’heure ; il est l’Éternité ! »"...
N’est-ce pas, madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même ? En vérité, j’ai eu tant de plaisir à broder cette prétentieuse galanterie, que je ne vous demanderai rien en échange.
Charles BAUDELAIRE
In Petits poèmes en prose, XVI
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[ note]



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