La création des animaux
Les animaux tombaient du ciel un à un sans se faire de mal. La plupart étaient parachevés. Certains devaient attendre encore un peu avant de posséder tous leurs attributs.
« II paraît que j'aurai une trompe, dit l'éléphant, frais arrivé. Ça partira du front et traînera presque par terre.
— C'est beaucoup pour un nez, dit le renard.
— C'est exactement ce qu'il me faut », riposta l'éléphant.
À peine avait-il achevé sa phrase que la trompe vint du fond du ciel, prendre la place qu'elle devait désormais occuper chez tous les éléphants.
« Faut-il aboyer ? se demanda le chien qui avait déjà toute sa voix. Non, je me tais, c'est dans l'ordre. »
Au cheval il ne manquait que les oreilles mais il n'en savait rien, tout occupé qu'il était à vouloir se débarrasser, au galop, de son ombre.
Les oreilles le rattrapèrent en pleine course, elles ne sont pas encore revenues de leur étonnement et ne cessent de se tourner de tous côtés. (…)
...II paraît que j'aurai une trompe, dit l'éléphant, frais arrivé. Ça partira du front et traînera presque par terre...
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Jules SUPERVIELLE, ses contes et ses nouvelles :
* L'Enfant de la haute mer, 1931.
* L'Arche de Noé, 1938.
* Les B.B.V., 1949.
* Premiers pas de l'univers, 1950.




Les oreilles... Ah, les oreilles...
RépondreSupprimerOreilles très cher Nuage.
J'entends, j'entends cher marquis...
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